‹ J. M. GuyauChapitre 3 sur 98 · INTRODUCTION VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VII

gions et qui en sont Tàine. Ce livre, d'une inspiration si élevée, mais dont le litre ne fut pas toujours bien interprété, souleva dans la presse de vives discussions; tout le monde rendit hommage à l'absolue sincérité de l'auteur et au caractère prol'ondément moral de son ouvrage. Bienlol après il écrivit VArt au point de vue sociologique, œuvre remplie d'idées nouvelles et originales; enfin Éducalion et Hérédité, travail non moins remarquable par la pénétration psychologique et par la hauteur morale. Ces deux derniers ouvrages, ainsi que la Genèse de l'idée de temps, ne devaient être publiés qu'après sa mort i.

L'idée dominante que Guyau a développée et suivie dans ses principales conséquences, c'est celle de la vie comme principe commun de l'art, de la morale, de la religion. Selon lui, — et c'est la conception génératrice de tout son système, — la vie bien comprise enveloppe, dans son intensité même, un principe d'expansloji naturelle, de fécondité, de générosité. Il en lirait celte conséquence que la vie normale réconcilie naturellement en soi le point de vue individuel et le point de vue social, dont l'opposition plus ou moins apparente est recueil des théories utilitaires sur l'art, la morale et la religion. A ses yeu.x, la tâche la plus haute du xix° siècle, celle à laquelle, pour sa part, il voulait contribuer, devait être précisément « de mettre en relief le côté social de l'individu humain et, en général, de l'êlre vivant », — côlé qui avait été méconnu par le matérialisme à forme égoïste du siècle précédent. En montrant cet aspect social de la vie individuelle, on fonderait tout ensemble sur une base désormais solide l'art et la morale. Le xvni'^ siècle s'était achevé avec les théories égoïstes d'Helvélius, de Volney , de Bentham , correspondant au matérialisme

1. Les œuvres de Guyau, dont ces Pages choisies ne peuvent donner qu'une idée très incomplèle, ont été éditées à la librairie Alcan. Nous en avons fait l'examen détaillé dans notre livre intitulé la Morale, l'Art et la Kclif/ion selon Guyau. Ajoutons qu'il fit aussi paraître à la litjrairie Colin un Cours romp'el de lecture à l'usage des Écoles, dont fait partie la l'remiùre année de leclure courante.

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