‹ J. M. GuyauChapitre 39 sur 98 · PROGRÈS DES SENTIMENTS SOUS L'INFLUENCE DE LA SCIENCE · texte numérisé non relu

PROGRÈS DES SENTIMENTS SOUS L'INFLUENCE DE LA SCIENCE

Ce serait évidemment une erreur de se figurer les sentiments humains, même les plus primitifs, comme invariables à travers les siècles. Ils se transforment lentement, mais d'une façon continue. Le sentiment de la nature, qui semblerait au premier abord devoir rester invariable, n'est pourtant plus aujourd'hui le même que dans l'antiquité. Comparez Homère, Lucrèce même ou Virgile avec Shakspeare, Milton, Byron, Shelley, Goethe, Schiller, Lamartine ou Hugo . Comment la vue du ciel étoile, par exemple, produirait-elle la même impression morale sur un moderne que sur un ancien, quand le moderne se représente l'immensité là où l'ancien ne mettait qu'une ou plusieurs sphères de cristal, limitées par des murailles flamboyantes : flammantia mœnia mundi'} Les plantes, les insectes, les oiseaux, tous ces êtres dont l'organisation et la vie, presque inconnues des anciens, nous ont été révélées dans leurs merveilleux détails, ont pris aux yeux du poète moderne la même importance

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