LES PORTRAITS DE BRISSOT
Les portraits de Brissot sont très nombreux, mais combien sont authentiques ? combien sont ressemblants ?
Je n'en connais que six ou sept qui méritent d'être examinés par l'historien :
I. — Celui que donna la Chronique du mois (n° de juillet 1792). Peint par François Bonneville, gravé par N.-F. Maviez, il a certainement une valeur documentaire et par sa date et par le caractère même de la feuille qui le publiait, feuille dont Brissot était un des principaux collaborateurs.
II. — Celui qui fut dessiné en 1792 par Fouquet et gravé par Chrétien, « inventeur du physionotrace ». C'est celui qu'a reproduit M. Aulard au tome Ier de son ouvrage sur Les orateurs de la Législative et de la Convention (2e édition, 1906). Il offre de nombreux traits de ressemblance avec le pastel dont je parlerai plus loin, et semble avoir été fait d'après ce pastel même.
III. — Un portrait, gravé par Levachez, au-dessous duquel est une petite eau-forte de Duplessis-Bertaux, représentant « l'incendie des colonies françaises ». Mais la date inscrite au bas de cette vignette, an IX de la République, sept ou huit ans après la mort de Brissot, lui enlève beaucoup de son intérêt.
IV. — Une bonne peinture, attribuée à David (?), qui se trouve actuellement au musée de Chartres (n° 522 du catalogue), auquel elle a été donnée en 1893 par la veuve de Félix- Saturnin Brissot, petit-fils du conventionnel. Félix-Saturnin Brissot, né en 1818, mort en 1892, était lui-même un peintre de talent. Ce portrait représente un Brissot plus jeune que les