AVANT-PROPOS
Les Mémoires de Brissot n'avaient pas été réimprimés depuis l'édition donnée en 1830 par M. de Montrol (4 vol. in-8°), car celle de M. de Lescure (1877) n'en est qu'une réduction faite, pour ainsi dire, au petit bonheur.
Cette édition de Montrol était d'ailleurs suspecte, les uns tenant ces Mémoires pour apocryphes, les autres y soupçonnant du moins de gravesinterpolations. La disparition des manuscrits originaux, que M. de Montrol disait avoir eus en mains, semblait ne pas permettre d'aborder la question.
Et pourtant certaines parties de ces Mémoires offrent un tel intérêt pour l'histoire et portent si bien la marque de la personnalité de Brissot, qu'il eût été regrettable de négliger indéfiniment l'examen du problème.
Dès 1904, j'ai entrepris de le résoudre dans la mesure du possible, et je suis arrivé graduellement à des conclusions qu'on trouvera déduites dans YÊtude critique qui suit.
Ces conclusions peuvent se résumer ainsi :
1° Sur les 1300 pages de l'édition de 1830, 600 doivent être absolument éliminées comme étant des interpolations manifestes, tirées presque toujours d'autres ouvrages du célèbre publiciste. C'est toujours du Brissot, il est vrai, mais cela n'a rien à faire dans ses Mémoires ;
2° 100 pages environ restent suspectes, bien que je ne
MÉMOIRES DE BRISSOT. — T. I. a