II AVANT-PROPOS
sois pas parvenu à pouvoir, preuves en mains, en retrouver l'origine. Je les ai donc conservées, mais en plus petit texte, pour que le lecteur fût dûment averti ;
3° 100 autres pages (en chiffres ronds) se composent de lettres écrites ou reçues par Brissot, que l'éditeur de 1830 semble avoir introduites artificiellement dans le texte, remanié ou même fabriqué pour les recevoir. Il m'a paru préférable de les en retirer (en même temps que je supprimais les raccords auxquels elles avaient donné lieu), poulies reporter à la « Correspondance de Brissot », volume distinct qui suivra de près cette édition.
Ces divers retranchements opérés, il reste au moins 500 pages, écrites certainement par Brissot, qui constituent un document de premier ordre pour l'histoire de la fin du xvme siècle et de la Révolution française, et qui prennent d'autant plus de valeur une fois dégagées de la gangue dont elles étaient entourées. Elles méritaient donc vraiment d'être réimprimées.
On verra qu'elles se composent de deux parties bien distinctes : 1° le récit de ses années de jeunesse, depuis sa naissance (en 1754) jusqu'à 1787 ; 2° les morceaux rédigés à l'Abbaye et à la Conciergerie, soit pour raconter son arrestation à Moulins en juin 1793, soit pour se justifier contre les rapports de Saint-Just et d'Amar. On a ainsi, en procédant par masses, la même division que dans les Mémoires de Mme Roland, division résultant de la force des choses : Mémoires particuliers, Mémoires historiques, ou, pour parler plus exactement, pages écrites dans la prison.
Dans ce groupement, un vide apparaît, allant de la fin de 1787 aux jours de la proscription. Les éditeurs de 1830 y ont suppléé à coups de ciseaux, en découpant dans les brochures de Brissot, dans son journal Le Patriote Français, etc., de quoi combler ce vide. Ces remplissages, que j'ai