ETUDE CRITIQUE XXI
l'un par Marat lui-même, l'autre par un écrivain dont on ne donne pas le nom ; — Id., p. 373-376, un portrait de Maupeou, par Linguet, puis un extrait d'un pamphlet du temps contre Linguet lui-même ; — Id., p. 376-392, le récit du duel du comte d'Artois et du duc de Bourbon en 1778 ; — au tome II, p. 439- 477, cinq pièces relatives au marquis Ducrest, chancelier du duc d'Orléans, et à sa folle tentative de s'offrir au roi pour remplacer Brienne comme premier ministre. Bien que Montrol dise les avoir trouvées « dans les papiers de Brissot », la personnalité de Ducrest est vraiment trop mince pour qu'on doive attacher de l'intérêt à ces documents. Je ne ferais d'exception que pour les Observations, « écrites de la main de Brissot » et envoyées par lui à Ducrest (p. 464-477), mais à la condition de les reporter à la Correspondance. Même dans ce cas, il resterait 26 pages à retrancher, soit, avec les articles qui précèdent, 53 pages en tout à éliminer.
J'ai supprimé de même tout le chapitre XVIII du tome III (p. 384-410), qui se compose de quatre pièces relatives à Lafayette, qui auraient été trouvées aux Tuileries en août 1792, et que les éditeurs de 1830 ont encadrées de quelques réflexions dans le goût du temps. Il ne faut pas oublier que Lafayette, à cette époque, s'intéressait à Anacharsis Brissot, et que celui-ci avait de sérieuses raisons pour le ménager. — 27 pages, de ce chef, à faire disparaître.
Inscrivons enfin, pour terminer, le « portrait de Mme Du Barry » (t. I, p. 263-270), que Brissot attribue à Mirabeau et qui lui aurait été donné par Mme de Nehra ; j'ai fini par le retrouver dans la Galerie des Dames françaises, 3e partie, publiée à Londres en 1790, in-8°, Galerie à laquelle Laclos, Luchet, Mirabeau et Rivarol passent pour avoir travaillé. J'avoue d'ailleurs que je n'ai pas eu le courage de supprimer ce très joli morceau.
En récapitulant tous ces articles, on arrive à un total de 600 pages environ à éliminer.
Reste à aborder un chapitre plus délicat, celui des parties des Mémoires simplement suspectes, sans qu'on puisse, du moins jusqu'ici, apporter des preuves de leur inauthenticité. Je vais les indiquer.
Ed. Montrol, t. /, p. 93-106. C'est un tableau de la littérature et du théâtre au moment où Brissot arriva à Paris, en 1774, qui semble bien artificiel (voir la note de la page 69 du t. I de la présente édition).
T. 77, p. 87-89. Le parallèle entre Voltaire et Rousseau a fort l'air d'un article de journal.
Id., p. 228-293. Tous ces chapitres sur la société, les lettres et les sciences en Angleterre en 1783-1784 sont vraiment un long hors-d'œuvre, suspect également, mais dont je ne saurais indiquer l'origine.
T. III, p. 226-293. M. de Montrol nous a prévenus lui-même que « tout ce chapitre XIV aurait pu être, sinon supprimé, du moins imprimé séparément à la fin du volume avec différentes lettres, etc. », à titre de pièce justificative sans doute. C'est avouer qu'il a été fait de rapiéçages, dont 4 pages empruntées au Patriote sur Mably. Il comprend d'ailleurs 11 pages de lettres, à l'aide desquelles il paraît avoir été constitué, et que je reporte à la Correspondance.
Ailleurs, telles pages sur Grégoire, sur Gouy d'Arsy, la « bête noire » de Brissot, ou tel compte rendu d'une séance des Jacobins (du 21 juin 1791), semblent aussi des rajustages plus ou moins mal déguisés. Je n'ai pas cru toutefois devoir les supprimer sans preuves précises ; mais j'ai eu soin de consigner mes doutes dans les notes.
En définitive, le total des pages qui m'inspirent des soupçons, mais que j'ai néanmoins conservées, s'élève à 100 ou 110. Je les ai imprimées en caractères plus petits que le reste du texte.