CHAPITRE PREMIER
A quelque âge que je meure, je ne leur laisserai pas de richesses. Il n'est pas dans mon caractère de rechercher les circonstances qui les procurent ; je veux leur laisser quelques réflexions, c'est le fruit de mon expérience et de mes malheurs.
J'ai prodigieusement aimé la gloire ; c'est l'amour de la gloire qui, dès l'âge de neuf ans, me faisait travailler la nuit dans mon lit, qui me faisait feuilleter les livres latins et dévorer les histoires. J'avais sans cesse sous les yeux l'image des grands hommes qui s'étaient rendus célèbres par leurs écrits, et j'écrivis.
A cet amour de la gloire se joignit bientôt un autre sentiment, l'amour de l'indépendance, la haine du despotisme. J'ai détesté les rois de bien bonne heure ; dès ma plus tendre jeunesse, je me délectais dans l'histoire de Cromwell; je
(1) Tout ce morceau a été évidemment écrit dans la prison de l'Abbaye, entre le 23 juin et le 6 octobre 1793.
pensais que j'avais le même âge que le Roi, et dans mes rêves d'enfant je ne voyais pas pourquoi il était sur le trône, tandis que j'étais né fils d'un traiteur. Je prévoyais avec quelque complaisance que je pourrais le voir tomber du trône et que je pourrais y contribuer.
L'amour de l'humanité ou du peuple naquit plus tard dans mon âme ; quand j'eus observé son sort sur toute la terre, je le vis avec douleur plongé dans l'ignorance et dans l'esclavage.
Tels sont les trois sentiments qui m'ont mis la plume à la main et qui m'ont dicté les nombreux écrits que j'ai publiés.
Sans doute j'ai publié trop jeune, je n'ai jamais assez soigné mes ouvrages, je n'ai jamais mûri mes idées ; mais un motif noble et généreux, suivant moi, causait cette insouciance. Dans l'ardeur qui me dévorait pour renverser le despotisme, je songeais qu'il fallait frapper à propos, souvent et fortement, et l'à-propos se perdait en ne s'occupant que de limer son style. C'est ainsi que je sacrifiais au bien public la gloire que j'aurais pu acquérir en perfectionnant mes écrits.
Je dois faire encore un autre aveu. Helvétius et Montesquieu étaient riches, et ne retiraient aucun lucre de leurs importantes productions. Il leur était facile de prendre le temps nécessaire pour les rendre parfaites. Voulant vivre indépendant, je ne me reposais que sur ma plume, et il fallait écrire souvent, pour vivre tous les jours.
Cependant aucun auteur, je crois, n'a eu pour ses intérêts privés l'abandon que j'ai témoigné pour les miens. Je vendais à vil prix, à peine étais-je payé de la moitié, et le plus souvent par des arrangements qui achevèrent de me ruiner.
Point de métier plus misérable que celui de livrier,
comme dit Rousseau. Je recommande éternellement à mes enfants, et pour eux et pour leurs enfants, de se préserver de cette maladie. On a beau dire qu'il n'y a point de déshonneur à vivre de sa plume ; non sans doute ; mais quand on s'accoutume à faire trafic de sa pensée, on se montre philosophe, non pas pour l'être, mais pour avoir de l'argent, et c'est ainsi qu'on avilit le plus sublime emploi de l'homme.
J'ai toujours regretté que le ciel ne m'eût pas fait naître fils d'un laboureur. La campagne plaît à mon âme, et, par une fatalité malheureuse, je n'ai jamais pu y vivre que peu de mois ; ce temps a été le plus heureux de ma vie.
0 mes enfants ! préférez les arts qui vous attachent à la vie des champs. On est toujours meilleur quand on est près de la nature, quand on est sans cesse en présence du ciel et de ses grands phénomènes, et quand on n'a qu'à traiter avec la terre, qui est toujours une bonne mère.
Rousseau enviait le sort d'un curé de campagne, et moi j'ai envié celui d'un fermier instruit. Le curé a, dans mon système, des préjugés à soutenir, à prêcher. Le bon fermier peut faire tout le bien que fait le bon curé, et ne vit point de préjugés. Il peut être le juge de paix, le médecin temporel et spirituel du village. Il peut employer une partie de sa journée à surveiller ses travaux rustiques, et l'autre soit aux soins de ses affaires, soit à faire du bien, soit à l'éducation de ses enfants, soit à l'éducation de lui-même ! Quelle heureuse et douce existence !
Mais, pour jouir de cette existence, il ne faut pas être un fermier citadin, il faut mettre la main à la besogne ; il faut habiter au milieu de ses domestiques, travailler avec eux, se faire homme de village, et renoncer à tous les préjugés de la ville. Pour vivre à la campagne, il faut ou être riche ou se faire campagnard.
Quelque fort que soit votre caractère, il ressentira toujours Tinfluence des hommes et des choses qui vous environnent. Cherchez donc le voisinage des gens simples et des choses naturelles.
Le commerce et les métiers qui ne s'exercent que dans les villes vous jettent dans un tourbillon où il est difficile de préserver la pureté de son âme, sans une lutte éternelle avec ses propres passions et celles des autres.
Si le ciel me prête encore quelques jours, le dessein en est pris, je veux me séparer de cette vie turbulente que j'ai menée jusqu'à présent ; je veux me réfugier dans quelque hameau paisible avec vous, mes enfants, et pour vous y instruire.
Je ne vous ferai point parcourir la longue et pénible carrière que j'ai traversée, et qui m'a causé tant de douleurs. Je ne ferai point de vous des savants ; je veux seulement vous mettre sur la voie de devenir des hommes réfléchis ; il faut savoir peu, mais savoir bien, mais savoir utilement pour vous et pour les vôtres.
Ainsi, je ne vous apprendrai pas beaucoup de langues, mais je vous instruirai dans leur mécanisme général. Quand vous les posséderez, vous serez un jour en état de les étudier toutes par vous-mêmes.
Français, anglais et latin, voilà les trois langues auxquelles je vous bornerai. Le français est votre langue maternelle, l'anglais vous sera peut-être très nécessaire et vous sera toujours utile. Il faut apprendre le latin pour lire Sénèque et Tacite en latin, car il n'y a aucune traduction qui rende leur laconisme énergique.
Nous étudierons ensemble l'histoire, non pas en savants, mais en hommes qui veulent profiter des fautes et des découvertes de nos pères. Nous lirons les annales des nations plutôt que la biographie des rois. Nous lirons surtout Plutarque ; mes enfants, qui aime Plutarque
à quinze ans, qui le relit encore à soixante, a toujours été un honnête homme et un bon citoyen. Ainsi me l'écrivait une femme (1) dont je vous parlerai sans doute, car je veux vous la faire aimer ; dans le cours de notre Révolution, elle m'a bien prouvé que cette lecture n'avait pas été stérile ; elle y a puisé des sentiments et des vertus dignes des héros dont Plutarque lui retraçait la vie : puissent-ils la soutenir comme moi dans nos malheurs communs (2) !
C'est dans cet évangile qu'on apprend aussi bien que dans Sénèque cette morale, cette philosophie sans laquelle il n'est point de bonheur. C'est là qu'on apprend à réfléchir sur la fragilité des grandeurs, sur la folie des richesses, sur la sagesse d'une bonne conscience ; c'est là qu'on s'améliore chaque jour, en s'étudiant chaque jour.
S'étudier chaque jour ! On a fait un grand pas dans la philosophie, un grand pas vers la félicité, quand on est arrivé à ce point de ne laisser passer aucun jour sans examiner sa conduite et ses progrès, soit dans la morale, soit dans la vérité. Combien peu d'hommes font cet examen de conscience ! C'est que bien peu d'hommes l'ont pure. Faire cet examen quand on est bien avec soi-même, c'est revoir chaque jour son trésor, c'est chaque jour regretter moins la vie et craindre moins la mort....
Voilà les sciences qu'on peut acquérir naturellement en causant avec son père, avec un ami, qu'on n'acquiert point au collège. Dans les éducations publiques on élève les enfants pour la gloire. Ils songent à se distinguer, à devenir des hommes célèbres. Dans l'éducation paternelle, c'est un tout autre point de vue. On tend à devenir bon
(1) Madame Roland.
(2) Madame Roland était alors prisonnière à Sainte-Pélagie. J'ai dit plus haut, dans l'Etude critique, comment Rrissot, de l'Abbaye, correspondait avec elle. Sur son enthousiasme pour Plutarque, voir ses Mémoires, t. II, p. 22, et passim
et réfléchi. La gloire vient ensuite si l'occasion s'en présente ; on n'y tend pas, on tend au bien, on tend au vrai.
Comme nous chercherons le bon dans la morale, nous chercherons la vérité dans les sciences, et c'est par la logique que nous y parviendrons. Elle est naturelle à l'homme, et dans les écoles on en a fait la science la plus compliquée. Que de nuits j'ai passées pour devenir un habile logicien à la manière des scolastiques ! Mes enfants, vous serez plus heureux que moi ; vous ne connaîtrez jamais ce fatras.
Armés une fois d'une bonne logique, vous aurez la clef de toutes les sciences, comme avec une bonne morale vous posséderez l'art de vous bien conduire dans le monde, et d'être aussi heureux que la nature humaine peut le comporter.
Le grand art d'être heureux, c'est de savoir être malheureux. Donnez-moi un républicain qui ne soit pas malheureux dans la chambre étroite, mal aérée, malsaine, sans meubles, d'une prison où l'a jeté la rage de ses ennemis, je tiens ce républicain-là pour un homme qui possède l'art d'être heureux, car cet homme est étranger assurément à tout ce qui l'environne, il est toujours bien avec lui-même en quelque lieu qu'il soit.
J'ai été trois fois en prison (1), et je vous dois compte des sensations que j'y ai éprouvées. Je me suis d'abord bien convaincu que le malheur paraissait toujours plus grand, plus hideux, plus épouvantable de loin que de près. L'homme à caractère, à bonne conscience, trouve des forces dans lui-même, égales au malheur qui le tourmente.
J'ai pleuré dans toutes mes prisons ; ce n'était pas sur moi, c'était sur vous, sur votre malheureuse mère, et vos
(1) D'abord à Londres, dans la prison pour dettes, en avril 1784, mais quelques jours seulement ; puis à la Bastille, du 12 juillet au 10 septembre 1784, et enfin à l'Abbaye.
images m'attendrissaient tellement que j'ai été souvent obligé de les chasser de mon âme, pour m'endurcir et retrouver mon courage.
J'étais dur pour moi, rien ne m'a jamais affecté ; ni l'air dur et grossier des geôliers, ni la mauvaise nourriture, ni le défaut de ces commodités dont on jouit chez soi. Je me suis résigné à tout avec facilité.
La Bastille me parut un tombeau où l'on m'ensevelissait vivant, et ma douleur était de ne pouvoir fixer le terme de cette vie sépulcrale. Je n'avais point la mort à redouter, d'abord parce que j'étais innocent, et ensuite parce que je savais bien que le Gouvernement aimait mieux condamner à la peine de la vie qu'à la peine de la mort ceux qui lui déplaisaient.
Je trompai ma douleur et mon ennui à la Bastille par la lecture, la méditation, la déclamation,, la composition ; je crois que j'en sortis meilleur, mais non pas plus prudent.
Vous connaîtrez les causes qui, sous le régime de la liberté, m'ont précipité dans la prison de l'Abbaye. J'y ai éprouvé des sensations plus douloureuses qu'à la Bastille. Les crieurs des papiers publics venaient sous mes fenêtres annoncer, avec un air de jubilation, soit les libelles publiés contre moi, soit les décrets qui me concernaient (1). J'entendis même un jour une chanson de cannibales où l'on plaisantait sur mon guillotinement prochain, et les voisins se pâmaient... et la populace éclatait de rire... Il me semblait être transporté chez les anthropophages, destiné à servir de victime et de pâture, et voir mes bourreaux danser autour de moi avec une joie effroyable. Mais, grand
(1) Voir la lettre écrite au ministre Garât, par Madame Roland, de l'Abbaye, le 20 juin 1793 : « Quels cris répétés se font entendre ?... Ce sont ceux d'un colporteur qui annonce la grande colère du père Duchesne contre celte b... deRoland... ; déluge de sales épithètes... provocation à me maltraiter. ..C'est sous ma fenêtre que le crieur répète ses invitations au peuple du marché... »
Dieu î quelle idée se faire d'une nation où de pareilles scènes ne révoltent point, et d'une police qui souffre qu'on insulte ainsi au malheureux avant que son crime soit prouvé, lors même que l'insulte après sa condamnation est un excès de cruauté que proscrivent également les lois et l'humanité !
C'est dans cette prison que j'ai vu la mort de près, que je l'ai saisie, que je l'ai palpée, que je me suis familiarisé avec elle. Je ne pouvais douter que la rage de mes ennemis ne fût à son comble et qu'elle ne les portât à demander ma tête. Mon innocence était évidente, il m'était si facile de la démontrer ! Il était si absurde de m'accuser de royalisme, moi républicain depuis vingt ans î Mais qu'importent l'innocence et l'évidence lorsque la tyrannie a dit : « Tu périras » ; lorsque vous n'êtes environné que de brigands qui applaudissent ou de lâches qui vous abandonnent. J'ai mesuré l'abîme, je l'ai mesuré chaque jour, et je me suis accoutumé à l'idée de m'y élancer, de m'y précipiter sans crainte. Deux mois auparavant le nom seul de l'Abbaye me glaçait, le souvenir de septembre me rappelait un carnage qui pouvait se répéter. Arrivé à l'Abbaye, l'horreur de ces massacres a disparu pour moi ; dans le désespoir que m'a causé l'état affreux où l'on réduisait ma patrie, j'ai désiré que ces massacres se renouvelassent, j'ai désiré d'en être la victime ; je pensais que la mort la plus douce était d'être surpris par le couteau d'un assassin, quand on était d'ailleurs préparé pour le long voyage de l'autre monde. Jamais ma résignation ne fut plus complète qu'au moment où l'on me signifia mon décret d'accusation (1) ; j'étais dans une chambre de la Mairie, où j'avais été enfermé en arrivant de Moulins et en attendant que l'Assemblée prît un parti à mon égard.
(1) Du 23 juin 1793.
Je me persuadais que, comme tous mes collègues, on me laisserait chez moi sous la garde de deux gendarmes : je m'endormis dans cet espoir ; mais à peine commençais-je à jouir des premières douceurs du sommeil qu'un grand bruit s'annonce à ma porte ; je vois aussitôt entrer une douzaine d'officiers municipaux avec leurs écharpes ; ils me notifient le décret d'accusation et l'ordre de me lever pour me rendre sur-le-champ à l'Abbaye. J'observais sur leurs figures la joie qu'ils déguisaient mal de se venger de l'écrivain qui avait peint leurs excès avec le plus d'énergie. J'observais cet œil curieux qui saisissait tous mes mouvements pour y découvrir quelques craintes, quelques faiblesses, et en triompher encore. Je me commandai le calme, le sang-froid, la dignité qui convenaient à un représentant du peuple et surtout à un républicain persécuté. Pas la moindre altération dans ma figure, pas le plus léger changement dans le cours de mon sang ; je jouis de moi à chaque mot qui se disait et je crois avoir été tel que je devais être. Livré à mes méditations dans le trajet de la prison, je jugeai par l'acharnement qu'on mettait à me poursuivre du sort qui m'était préparé, je jugeai que mon procès s'instruirait promptement et, malgré mon innocence, je jugeai que mes ennemis me feraient peut-être monter à l'échafaud. L'image de Sidney et de Russel se présenta à mon esprit ; je me rappelai le sort de Phocion, et, dans mon malheur, je me félicitai de partager le destin de ces grands hommes. J'avais la certitude que la postérité vengerait ma mémoire.
La mort vue de près, ou envisagée par un esprit philosophique, perd de ses horreurs. Je ne sais pourquoi celle qu'on reçoit sur l'échafaud effraie plus l'imagination que la mort trouvée dans un combat ou arrivée à la suite d'une longue et douloureuse maladie. Serait-ce l'effet de l'ignominie attachée au supplice et de l'impression
causée par l'affluence du peuple qui en est témoin ? Seraitce encore que le condamné arrive à l'échafaud avec la certitude de ne pouvoir l'éviter, tandis que dans les deux autres circonstances l'espoir n'abandonne jamais l'homme? Quoi qu'il en soit, le philosophe, exposé dans les révolutions à la chance du supplice comme le dernier des scélérats, doit combattre ces impressions qui affectent les esprits vulgaires. Il est innocent, il l'a cherché ; il n'a fait que le bien de son pays et de l'humanité. Que lui importent l'injustice de ses juges et l'opinion d'un public égaré? Il doit entendre avec calme, avec indifférence, avec pitié, les injures qu'il recueille sur son passage. La postérité le vengera, et sa conscience lui offre d'avance un refuge assuré. Qu'il se rappelle Socrate et Phocion buvant la ciguë, Sidney et Russel marchant intrépidement à l'échafaud ; ces images élèvent l'âme et la soutiennent. La certitude de mourir ne doit lui offrir que la certitude d'être bientôt délivré de la vue des tyrans, du tourment de vivre parmi des esclaves, la certitude d'exister dans un nouvel ordre de choses où le crime est puni, où la vertu est récompensée. Sans doute, il est douloureux pour un homme sensible, pour un bon mari, pour un bon père de se séparer de ces êtres qu'il chérit, et je vous l'avouerai, mes enfants, telle est l'idée qui m'a souvent maîtrisé, qui m'a fait verser des larmes brûlantes. Vous quitter si tôt ! vous que j'ai à peine entrevus, vous que mes occupations m'ont empêché de soigner, d'élever moi-même ! Vous quitter au moment où, rompant mes liaisons politiques, j'allais me consacrer à votre éducation, et mériter votre tendresse en me montrant votre père ! Quitter ma femme surtout, qui depuis notre mariage n'a presque connu dans ma société que les malheurs de la persécution ou les privations de la solitude et des douceurs de la vie domestique ! La quitter au moment où je voulais adopter un plan de conduite qui nous pro-
curât une vie intérieure, douce, et suivant son cœur ! Oui, ces idées déchirèrent mon âme... Mais appelant à mon secours les conseils de la philosophie, je me consolais en pensant que mes enfants trouveraient dans leur mère une institutrice capable de les former à l'austérité, aux bonnes mœurs ; que ma Félicité (1) trouverait dans son âme, nourrie de bonne heure des principes de la raison, des forces suffisantes pour lui faire supporter ce coup affreux ; que toute sa famille, que sa mère généreuse, que ses sœurs aimantes, et son digne frère, ne formeraient plus qu'une famille, qu'une âme, où serait gravée l'image d'un homme dont le désir le plus ardent a été de les rendre heureux. Je pei sais encore que tout esprit public n'était pas perdu, que la reconnaissance habitait dans quelques cœurs, et que sans doute l'amitié généreuse, acquittant une dette publique, viendrait au secours d'une famille dont j'ai perpétuellement sacrifié les intérêts au bien public.
(1) Sa femme, née Félicité Dupont.