I. Spilla. II, p
phie publiée par J. Mallheson, J.-B. Reimann rapporte que, grâce à la générosité d'un dilettante de Ilirschberg, il put aller à Leipzig, pour entendre jouer le fameux J.-S. Bach. « Ce grand artiste m'accueillit avec une afFabilité cordiale, et me ravit à tel point par sa rare habileté, que jamais je ne me suis repenti d'avoir entrepris ce voyage *. »
Cette supériorité du virtuose était reconnue même par ses ennemis. Joh.-Ad. Scheibe publia en 1737, dans le sixième chapitre de son recueil périodique Critischer Musikiis^ une censure de Bach. Il ne le nomme point, mais il le désigne suffisamment, ne serait-ce que par la description qu'il donne de son talent inouï d'instrumentiste. Cette critique est d'une grande importance pour l'histoire de Bach. Le jugement de ses contemporains s'y reflète assez complètement. Nous connaîtrons mieux le compositeur, sachant en quoi les témoins de sa vie Font loué, et en quoi ils ne l'ont pas compris. Voici la traduction. « Monsieur *** est enfin à *** le plus éminent des joueurs d'instruments. C'est un artiste extraordinaire sur le clavecin et sur l'orgue; et il n'a rencontré qu'un seul musicien qui pût rivaliser avec lui. J'ai, à différentes reprises, entendu jouer ce grand homme. On s'émerveille de son