‹ J. S. BachChapitre 15 sur 66 · Grundlage einei Eliren-P forte, 1 7 i o, p. 2<j · texte numérisé non relu

Grundlage einei Eliren-P forte, 1 7 i o, p. 2<j

LA VIE ;i

habileté, et Ton conçoit à peine qu'il lai soit possible de croiser si singulièrement et si rapidement ses doigts et ses pieds, de les écarter et d'atteindre les intervalles les plus vastes, sans y mêler un seul ton faux, et sans déplacer le corps malgré cette agitation violente. »

« Ce grand homme ferait l'admiration de toutes les nations, s'il avait plus d'agrément et s'il n'était pas le naturel à ses pièces, en y mettant de l'enflure et quelque chose d'embrouillé, et s'il n'en obscurcissait la beauté par un arl excessif. Comme il juge d'après ses doigts, ses morceaux sont extrêmement difficiles à jouer, car il exige que les chanteurs et les instrumentistes exécutent, avec leur voix ou leur instrument, les difficultés mêmes qu'il peut jouer sur le clavecin. Mais cela est impossible. Toutes les manières, tous les petits ornements, enfin tout ce que l'on comprend dans la méthode du jeu accompli, il l'exprime formellement en toutes notes et cela enlève non seulement à ses compositions la beauté de l'harmonie, mais rend encore le chant entièrement inintelligible. Bref, il est en musique ce que fut autrefois, en poésie, le sieur de Lohenstein1. L'enflure les a fait tomber tous les deux du naturel dans l'artificiel,

i. Caspar von Lohenstein (i635-i683) composa des tragédies d'un style tendu et boursouflé.

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ri du sublime dans L'obscur ; et Ton admire chez tous les deux le travail écrasant, et une peine extraordinaire qui, pourtant, est employée en vain, car elle combat contre la raison1 ».

Scheibe devait. p;u- cette page, déchaîner une assez longue polémique. Il m'est impossible d'en parler ici avec détails. Bach trouva des amis pour le défendre contre ces attaques. On connaissait d'ailleurs la cause de cette injuste sévérité. Scheibe n'avait pas été admis à succéder, en 1729, à Christian Gràbner, organiste de la Thomaskirche, et il rendait Bach responsable de son échec 2.

Cette querelle éclata pendant une période troublée déjà par des débats entre Bach et le directeur de la Thomasschule. Gesner, l'ami de Bach, avait été appelé à l'Université de Cœltingue et J.-A. Ernesti l'avait remplacé (1734). Ce dernier prétendit choisir à son gré les « préfets de chœur », élèves qui dirigeaient leurs camarades dans le chant des motets et des cantates. Depuis l'été de 1736 jusqu'à Pâques de 1738, Bach fut en lutte pour celte cause avec Ernesti, et il fallut que le roi de Saxe Auguste III intervînt pour mettre fin au différend, qui avait été porté devant le conseil de la ville et le con-

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