B -G., îo
LES CANTATES DE 1704 A i7a5 isS
soprano chante le vers où il est dit que le « cœur palpite d'effroi», les autres parties font entendre des motifs saccadés, disjoints, au rythme troublé, et elles semblent bégayer de terreur. Dans les airs et dans un duo, l'effroi de l'éternité se traduit avec une singulière intensité dramatique. Cependant, deux de ces airs ont un caractère d'exhortation plutôt que de soliloque : l'un, l'air d'alto, déborde d'insinuante commisération; dans le second, la basse, pour stimuler le pécheur endormi, prophétise les calamités du dernier jour.
Dans la même série (1723-1727) se placent les cantates Ihr Menschen, rùhmet Gottcs Liebe^Erforsche mich Gott2 etHerr,geke nicht iris Gericht2. Cette cantate est une des plus remarquables de Bach. Le quatuor, un cor et deux hautbois jouent unecourte introduction quiest, quant aux thèmes, indépendante de ce qui suivra, mais qui le prépare directement. Il est facile d'en reconnaître la signification profonde. Les voix vont chanter le second verset du psaume 1 43 : « Seigneur, n'entre pas en jugement avec ton serviteur, car nul homme vivant ne paraîtra juste devant toi. » Par leur prélude, les instruments implorent déjà