‹ J. S. BachChapitre 29 sur 66 · B.-G., iG · texte numérisé non relu

B.-G., iG

r>. B.-G., 154. Pour cette œuvre, la date est certaine : Bach l'a indiquée lui-même.

rao J.-S. BACH

cette dernière cantate rappellent des compositions plus anciennes. L'introduction, où le haut bois prélude avec tant de tristesse aux gémissements des voix, ressemble, de forme el d'intention, à L'introduction de la cantate; Ich halte viel Bekummemiss. Le premier chœur interprète avec une singulière puissance les paroles douloureuses : « Les larmes, les plaintes, les soucis, les doutes, l'angoisse et la détresse sont le pain du chrétien. » La basse redit obslinément pendant la première partie de ce chœur le motif chromatique descendant qui prêche la désolation dans tant d'œuvres du xvne siècle. Ces répétitions de la basse sont des traits caractéristiques de La forme du. passacaglio. La mesure

( — ] satisfait (Tailleurs, ici, au rythme de cette

danse grave. Un choral est mêlé à l'air de ténor. Tandis que le chanteur conseille au chrétien de rester fidèle, malgré les épreuves, et lui promet, après la tempête, la prospérité, la basse continue fait entendre des motifs qui décrivent la course du vent, et la trompette joue la mélodie du cantique Jesu meine Fraude, dont une strophe proclame la confiance en Jésus qui veille près des siens et les protège contre tous les orages.

La cantate Siche zu, dass (Ici ne Gottésfurcht nicht Heuchelei sei fut faite, si Ton en croit

LES CANTATES DE 1704 A 1725 lai

Spilta, pour le deuxième dimanche après la Trinité, en 1724, et la cantate Lobe denHerrn, meine Seele fut écrite pour le douzième dimanche après la Trinité de la même année. Le premier chœur de cette cantate se déploie en une double fugue très ample et extrêmement brillante.

Les ingénieuses conjectures à l'aide desquelles Spitta établit la chronologie des cantates proviennent et de l'étude des œuvres et de l'examen des manuscrits. Il y a toute une série de compositions de Bach écrites sur du papier dont la pâte est marquée des initiales /. M. K. Spitta est arrivé à déterminer que la dernière œuvre pour laquelle Bach se servit de ce papier est la Trauer- Ode composée en 1727 en l'honneur de la reine Christiane-Eberhardine,électrice de Saxe. Trentehuit cantates sont copiées sur ce papier. Plusieurs de celles que nous avons déjà énumérées sont comprises dans ce groupe. Quelques-unes, parmi les œuvres dont nous n'avons encore rien dit, peuvent être datées avec une certaine exactitude. Ainsi la cantate Es erhub sich ein Streit1 est sans doute de 1725, et la cantate Ich lasse dich iiicht2 fut faite pour le service funèbre célébré dans l'église de Pomssen, le 6 février 1727, en l'honneur de Joli. Christoph von Ponic-

Lui. Pour les autres, on ne saurait en indiquer L'année que d'une manière assez vague : il faut se contenter de savoir qu'elles lurent écrites entre 1723 et 1727.

Nous citerons d'abord une cantate pour le troisième dimanche après l'Epiphanie, llcrr, wie du wïllt so schilcs mit mir1. Le premier chœur est d'une forme particulière. Les quatre voix chantent le choral dont la cantate a pris le nom, mais les phrases en sont séparées par des récitatifs accompagnés de l'orchestre. Le cor répète avec acharnement un motif saccadé et rigide qui s'impose et représente, par sa rudesse monotone et par ses apparitions imprévues, la tyrannie inflexible et saisissante du destin. Pour répondre à cette sollicitation violente, qui a longtemps retenti, les voix la redisent, vers la fin, en deux grandes exclamations espacées : « Dieu , comme tu veux ! » Une troisième fois encore, le chœur reprend le thème auquel il s'est enfin asservi. Il le chante sur un ton plus élevé, plus résolument. Mais dans ce suprême serment d'obéissance au sort inconnu, se révèle toute l'angoisse de l'homme que l'attente de l'avenir terrifie. Les voix s'arrêtent sur un accord dissonnant, elles ne concluent point. Le chrétien s'est abandonné à la main de Dieu. Mais sa docilité ne l'a pas guéri de la crainte.

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Par cette terminaison incertaine, dont la cadence de l'orchestre n'efface point le souvenir, Bach prépare, avec un remarquable instinct de la psychologie, à l'air où le ténor supplie le Seigneur de mettre en lui cet « esprit de joie» qui réconfortera son âme découragée et privée d'espoir. Une telle sérénité n'appartient qu'au fidèle détaché de la vie. Dans un air de basse, unique de forme, car il n'est dicté que par le sentiment, Bach nous enseigne le secret de la paix chrétienne, que la peur de mourir ne trouble point. Mais ce n'est pas le mépris de la mort qu'il nous prêche. Au contraire, il s'exalte à la pensée d'être appelé par Dieu. Il déclame avec amour le poème de l'anéantissement, rythmé par le glas de l'orchestre, et entrecoupé de ces apostrophes enflammées : « Seigneur, si tu le veux. »

Dans les compositions du même temps (1723- 1727) figurent les cantates Nimiii was dein ist, iind gelie hin1, Leichtgesinnte Flaltergeister-, Hait im Gedàchtniss Jesum Christ*, Du Hirte Israël1*, œuvre d'un caractère pastoral et d'une beauté aimable et grave, Wo gehst du hin?5, Wahrlich, wahrlich, ich sage euch6, Sie werden euch in den

ia.j J.-S. BACH

Bann t/uui l, 0 Ewigkeit, du Donnerwort*. Gomuiti plusieurs des premières cantates composées à Leipzig, cette cantate est divisée en deux parties. Elle commence par un chœur où le choral 0 Ewigkeit se trouve mêlé au développement d'une ouverture française : la première phrase en est exposée déjà dans le rythme solennel (C) des débuts d'ouvertures, et elle est reprise dans le mouvement à trois temps qui suit. Bâcha sans doute pris cette forme majestueuse d'introduction où le chœur et l'orchestre se réunissent, en allusion aux paroles du choral : « Eternité, ù mot tonitruant... commencement qui n'a point de fin. » Mais tandis que, par l'architecture môme de ce chœur, il évoque le souvenir de ces entrées grandioses qui précèdent les tragédies en musique, ou les suites de pièces instrumentales, il ne néglige point d'expliquer, jusque dans les détails, le textedontila symbolisé, par une image magnifique, l'idée générale. Le tonnerre gronde dans les frémissements de l'orchestre et dans les vocalises de la basse du chœur, pour annoncer le fracas de la « parole qui foudroie » ; plus loin, les voix accompagnent de leurs lamentations le fragment du cantique où le poète Joli. Rist (1607- 1GG7) décrit « la grande tristesse », et quand le

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