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LES CANTATES APRÈS 1727 i63
leur rencontre avec le Christ que d'abord ils n'ont point reconnu, et qu'ensuite ils prient de rester près d'eux, au déclin du jour.
Cette histoire du Nouveau Testament, que tant de peintres ont retracée, est facile à mettre en scène Dans son Histoire de la Résurrection (iQiS)1 , Heinrich Schùtz avait représenté, en un dialogue musical, l'entretien du maître et de ses disciples. Dans la cantate de Bach, il n'y a point d'intentions dramatiques. Tout le spectacle est dans l'âme. Du tableau et de l'action, il ne reste ici que des interprétations mystiques. Pour le chrétien, la seule nuit redoutable est la nuit où il se trouve plongé, quand la grâce divine s'est détournée de lui. S'il demande à Jésus de rester près de lui, c'est pour qu'il le garde dans cette clarté de la bénédiction. Mais, toute dénuée de mouvement théâtral, cette œuvre est cependant environnée d'un grand décor, pittoresque et symbolique. L'idée de ces ombres qui menacent le croyant inspire à Bach un paysage de crépuscule. L'orchestre, imprégné de la mélancolie des hautbois, et assourdi parle murmure continu des altos, semble tisser un voile de ténèbres. On dirait que les voix s'efforcent d'en percer les replis.
Les cantates Es wartet ailes auf dich 2 et Wer
1. Voyez le ier vol. drs Œuvres complètes de Scbutz, éditées par Pli. Spilla lîveilkopl et Muriel).
Ihinli opfert, dcr preiset mich1, donl Bach a transcrit plusieurs parties dans la Messe en soi mineur et dans la Messe en sol majeur, ont été composées sans cloute avant 1737. Les cantates Freue dick, erlôste Schaai'2, Gott ist unsreZuversicht3 et 0 ea'iges Feuer, o Ursprung (1er Liebe ' ont probablement été écrites entre 1738 et 1741- Toutes trois contiennent des pièces empruntées à d'autres œuvres. Dans la première, Bach se sert delà cantate profane Angenehmes Wiederau (i-.)-)5; les principaux morceaux delà seconde sont tirés de la cantate de Noël Elire sei Gott in dcr Hôhe6, enfin la troisième renferme des fragments d'une cantate nuptiale, en particulier le bel air d'alto, qui a une grâce d'épilhalame.
Dans d'autres cantates, écrites assez vraisemblablement vers 1735, Bach transforme en grands chœurs des œuvres de musique instrumentale. C'est ainsi qu'il ajoute quatre voix à l'allégro de l'ouverture d'une Partita d'orchestre en ré majeur1, dans la cantate Uiiser Mund sei voll
; B.-G., XIII, ire livraison. Cette livraison contient encore deux cantates nuptiales : Dem Gerecltlen muss das Licht et De/ Herr denket an uns.