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Phœbus und Pan l une plaisante satire, où il se moque rudemenl de ses détracteurs imbéciles, et donne son propre portrait tracé avec autant de charme que d'humour. La cantate en dialecte Mer hahn en neue Oberkeet (Sous avons, un nouveau suzerain') est toute populaire, et le maître y emploie des motifs alors en vogue parmi le vulgnirc\ Il y insère môme la mélodie de la fameuse Folie (ÏEspagne. Enfin, dans la Gaffée Cantate'' , il nous apprend qu'il n'a point dédaigné la simple gaieté. Un sourire s'esl épanoui sur sa face bourrue, et son visage triste et énergique s'est éclairé, quand il a peint ce petit tableau d'intérieur. Mais il ne faudrait pas longtemps chercher pour découvrir les témoignages de cette solennelle sincérité qui élève toutes les paroles de Bach. Le vieux Schlendrian, ce père grondeur et faible, s'exprime parfois avec une noblesse inattendue. Dans le cadre d'une comédie domestique, où le décor
!. r..-G., xi».
.-. B.-G., XXIX [Cantate burlesque). Cette œuvre est de 1742.
i. Il y écrit dos passades en octaves, à la manière de .1.-11. Schmelzer, compositeur du xvn° siècle (voyez la pièce en Irio où il imite les « cornemuses polonaises », dans un recueil manuscrit do la Bibliothèque nationale, où se trouvent aussi des inédites et remarquables de Krieger, d'Eberlin, deKerl, etc. Vm' 1099).
i. B.-G., XXIX. C'est bien à torl qu'on désigne, en Fiance, cette cantate sous le titre pesant de Cantate sur l'abus tlu café. On lui donne ainsi une physionomie prêcheuse qu'elle n'a pas en réalité. Cette œuvre date de 17J2 environ.
semble déjà planté pour la Petite Ville de Kotzebue, agissent des personnages dont quelques traits revivront dans les héros de l'épopée familière de Gœthe, Hermann et Dorothée. Bach préside à leur jeu avec une sympathie qui n'est pas toujours ironique. On devine que ce prêtre des religions du cœur a confié à Lieschen et à son père le soin de célébrer pour lui, en des rites naïfs et tendres, le cuite du foyer.
Nous avons vu que la dernière composition de J.-S. Bach avait été un choral pour l'orgue, qu'il dicta, peu de temps avant sa mort, à son gendre Altnikol. Ses premiers essais de musique instrumentale furent aussi, vraisemblablement, des pièces faites sur des cantiques allemands. Les jeunes organistes débutaient par des exercices de ce genre. Cet apprentissage de l'art de l'organiste se faisait généralement sur le clavecin ou sur le clavichorde : on n'autorisait les élèves à s'essayer sur l'orgue que s'ils étaient assez habiles déjà pour ne point outrager, par de grossières maladresses, l'instrument consacré. Et, d'autre part, en répétant les mélodies saintes, ils entretenaient dans leurs maisons une sorte de prière, un peu balbutiée, sans doute, ressassée péniblement et pleine de fautes, mais les oreilles pieuses pouvaient y trouver le môme charme qu'à ces phrases de psautier que les enfants épè-
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lent, aux petites écoles. D'ailleurs, le choral, qui est l'âme de la musique religieuse luthérienne, avail ses racines mêmes dans le cœur du peuple. Tout ce que les fidèles d'avant la Réforme avaient aimé des mélodies grégoriennes revivait en ces prières nouvelles. On peut y reconnaître le vieux chaut des clercs, ralenti et traduit pour que chacun le redise en le comprenant. Mais l'on y trouve aussi les traces des anciennes complaintes germaniques faites pour l'église, et le souvenir de quelques mélodies profanes y transparaît encore.
Ainsi formé, le cantique prolestant, où se reflète la pensée allemande en ce qu'elle a de plus profond, ne pouvait manquer d'avoir une place au foyer. Les plus anciens chorals de Bach sont écrits pour le culte domestique, plutôt que pour le culte de l'église. Je veux parler ici de ces suites de variations (Partcte) sur les cantiques Christ, der du bist der lielle Tag, 0 Golt,du frommer Gott\Ach was soll ich Sïuider machen?2 On reconnaît le style de Georg Bohm dans ces arabesques de la mélodie ornementée et dans l'emploi du basso ostinato. Mais, dans ces phrases où se fond la rigidité des thèmes donnés, Bach
I. B.-G., XL. p. 107 et 114. Ces Parlile sont aussi publiées dans le cinquième volume des pièces d'orgue éditées chez Pelers.