B.-G., XV, p. 23G, P. II
2i8 J.-S. BACH
des fugues à plusieurs mouvements de Buxte-
hude1.
C'est encore, amplifié et comme transfigure-, l'art de Buxlehude qui parait dans la célèbre Passacaille « pour deux claviers et pédale 2 ».
Nous devons citer enfin, dans cette énumération trop rapide des principales pièces d'orgue de Bach, une série; de sonates* écrites aussi « pour deux claviers et pédale » et destinées à former la technique d'organiste de Wilhelm Friedemann, par des études poursuivies à la maison. Mais ces œuvres n'ont rien de pédantesque. Une bonne humeur souriante les illumine.
Je ne signale ici les concertos pour orgue que pour rappeler que ce ne sont que des transcriptions.
Nous ne pouvons donner ici que des indications assez brèves sur les œuvres de clavecin de Bach. Grâce au zèle d'artistes de talent, ces œuvres sont devenues, depuis quelques années, familières au public. Il nous suffira donc de rappeler
i. Ïi.-G., III, P. i73 et p. 254, I'- IU. ■/. B.-G., W. p. 289, P. I.
quel paraît, autant qu'on peut l'établir, l'ordre chronologique de ces compositions et de dire quelles formes Bach y a traitées.
La Sonata1 en ré majeur est sans doute une de ses plus anciennes pièces de clavecin. Elle fut écrite sans doute à Arnstadt (1703-1707). M. le Dr Max Seiffert2 observe qu'elle est dans la manière des sonates contenues dans les Frischc Clavier-Friichte (1696) de Johann Kuhnau. Cette sonate se termine par une fugue où le cri du coucou se môle aux imitations du caquetage de la poule. Un Capriccio in honorent Joh. Chris top h Bachii Ohrdruf3 rappelle encore Kuhnau par l'ampleur du thème et témoigne, par sa richesse d'ornementation, de l'influence des artistes du Nord. Il date probablement aussi des années d'Arnstadt, ainsi que le très curieux « caprice sur le départ de son frère bien-aimé » où Bach applique à un fait actuel les procédés par lesquels Kuhnau, dans ses sonates à programme, avait décrit les « histoires bibliques »*.
Les Toccate*, dont les moins anciennes remontent apparemment aux dernières années du séjour à Weimar, nous montrent un mélange de