Buxtehude élait Danois d'origine. Il naquit à Elseneur
2. Après avoir transcrit, d'après la tablature, -<> cantates de Buxtehude qui sont conservées a la Dibl. de I Université d'Upsal, je ne change rien à ce jugement; mais je dois signaler la magnificence et la nouveauté d'harmonie de certains chœurs où le compositeur traite le choral luthérien.
séance du consistoire, le préfet du chœur, l'écolier Joh. -Andréas Rambach eul à rendre compte des « désordres » qui avaient éclaté à 1' « église neuve » entre les écoliers et l'organiste. Rambach déclare que les choristes étaient mis dans l'embarras par l'organiste qui, autrefois, faisait de trop longs interludes et, maintenant, après une observationdu surintendant, étaittombé dans l'excès contraire, et jouait trop brièvement. Mais le consistoire avait d'autres motifs de plaintes contre Rambach. 11 avait quitté le sermon pour se rendre à l'auberge voisine. Ce trait nous laisse deviner quels rêves d'arl pouvaient inspirer les collaborateurs de Bach. Et l'on conçoit aisément qu'il se soit lassé bien vite d'exercer, pour des motets ou des cantates, ces élèves grossiers. Certains d'entre eux avaient d'ailleurs, contre lui, une animosité <jui se manifestait par des aeles violents. Quelques mois avant de partir pour Lùbeck, il avait paru devant le; consistoire a cause de ses démêlés avec l'élève Geyersbach. Un joui'. Geyersbach avait attaqué Bach à coups de bâton, comme il revenait du château à la maison avec sa cousine Barbara-Catharina, la fille de Johann-Christoph Bach. Geyersbach se vengeait ainsi, disait-il, de ce que l'organiste l'avail outragé, et lui en demandait raison. Bach soutint qu il ne lui avait rien dit, et qu'on en
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pourrait témoigner. L'écolier prétendit que si Bach ne l'avait pas outragé personnellement, il avait du moins, un jour, « outragé son basson ». qu'il prenait l'injure pour lui, et que Bach n'était qu'un « valetde chiens ». Alors Bach tira l'épée, Gëyersbach se jeta sur lui pour le maintenir et tous deux luttèrent jusqu'à ce que cinq écoliers, qui étaient avec Gëyersbach, se missent entre eux pour les séparer. Il fut établi un peu plus tarp que Bach avait en effet donné à Gëyersbach un nom injurieux (29 août 1703).
Ces débats avec les élèves furent sans doute la cause principale pour laquelle Bach se refusa toujours, par la suite, à leur faire exécuter des œuvres de musique. Le 11 novembre 1706, le consistoire se plaignit encore de ce manquement de Bach à ce qu'il était tenu d'accomplir. Le même jour, on lui demanda aussi pourquoi il s'était permis d'introduire, à la tribune de l'orgue, une jeune fille étrangère.
Il ne resta plus que peu de mois à Arnstadt. Le 29 juin 1707 il se présenta devant le conseil pour solliciter son congé et rendit la clef de l'orgue. Il quitta la ville bientôt après, laissant à son cousin Ernst, fils de Johann-Christoph1,
1. Johann-Christoph Bach était le frère jumeau du père de Jean- Sébastien, Ambrosius Bach. On assure que ces deux frèi ressemblaient tellement qu'on ne pouvait les distinguer qu'a leur costume. Ernst avait remplacé Jean-Sebastien absent.
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quelques florins de son traitement. Bach venait d'être nommé', quelques jours auparavant, organiste delà Blasiuskirche, à Mùhlhausen.
Il s'était fait entendre à Pâques dans cette église où Johann-Georg Ahle avait été organiste pendant plus de trente ans, de 1672 à la lin de ijoô1. Ahle s'était acquis une renommée de poète et de musicien, avait été admis dans le conseil de la ville et avait reçu de Léopold Ier le titre de « perte lauréat ». C'était un personnage auquel Bach devait être; fier de succéder. En outre la ville était plus riche qu'Arnstadt en ressources musicales. Des traditions s'y étaient établies. Le souvenir de compositeurs tels que Joachim à Burck (i;">4 f-tGio), Johann Eccard (i553-i6ii), Johann-Rudolph Ahle (i6a5-i6j.v)) J, le père du prédécesseur de Bach, y vivait encore. Chaque année, on célébrait avec une grande pompe le renouvellement du conseil de la ville5 et Ton jouait, pour la circonstance, une œuvre composer tout exprès. En 1705, pour l'acte d'hommage que Mùhlhausen, ville libre et impériale, adressa
1. Une pièce d'orgue de J.-G. Ahle se trouve dans le recueil qui forme la seconde partie du livre déjà cité d'A.-G. Ritter.
i, I >n peul citer de lui les <•< ist/ii lie Dialoge i ■ <;;'; j el les Geistliche Fest-und Communion Andachten (Voyez le 5* vol. des Denhmàler deutscher Tonhunsl, éd. par M. Johannes Wolf, 1901).
; Il \ avait j.8 conseillers, il un 1 sis bourgmestres et 16 conseillers lienl alternativement I'- pouvoir pendant un an. Le change- 1 1 1 - ■ n 1 se faisait au mois de l<\ ricr
à l'empereur Joseph Ier, on avait fait composer une musique solennelle par Philipp-Heinrich Erlebach (1637-1714). L'orchestre comprend hautbois, trompettes et timbales, deux parties de violon, deux parties d'alto, le basson et la basse continue. Il y a quatre solistes, réunis en un petit chœur, et un grand chœur a quatre voix. La composition est assez brillante et ne peut être exécutée que par des musiciens exercés1.
Pour la mutation du conseil, le 4 février 1708, Bach fut requis de donner une cantate, suivant l'usage. Cette cantate, Gotl ist mein Kônig1, a été la seule cantate imprimée pendant la vie de l'auteur. Il était, en effet, dans la coutume des conseillers de faire publier la musique de ces compositions par quelqu'un des célèbres imprimeurs de la ville.
Peu de temps avant de composer cette cantate, Bach avait épousé, le 17 octobre 1707, en l'église de Dornheim, près d'Arnstadt, sa cousine Maria-Barbara, fille de Michael Bach, organiste à Gehren. Spitta suppose que Maria-Barbara était celte « jeune tille étrangère » que l'on avait reproché à Bach d'avoir reçue a la tribune de l'orgue de l'église neuve d'Arnstadt.
Quelques jours après la fête du « changement de conseil», les nouveaux magistrats en charge