DE L’IMPRIMERIE DURAND
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Photo J.-E. Bulloz
J.-S. DUPLESSIS, peint par lui-même, 1780 (Musée de Carpentras)
Quelques expositions récentes ont ramené l’attention des amateurs sur les œuvres et le nom de Joseph- Siffred Duplessis, membre de l'Académie royale de peinture, qui ne paraissait guère connu que d’un petit nombre d’écrivains et d’artistes. Moins de i5 ans après ses plus grands succès, lui-même se disait oublié.
Et pourtant, le directeur de l’Académie, Pierre, l’avait présenté à Marie-Antoinette comme le premier peintre de l’Europe. Diderot, à propos de son exposition au Salon de 1771, prononce le nom de Yan Dyck. Mlle de Lespinasse, à la suite d’une visite faite à son atelier, répète ce nom, après avoir vu les portraits de l’abbé Arnaud et de Gluck. Dans les journaux et dans les brochures du temps, on appelle couramment Duplessis le Van Dyck de l’Ecole française.
Peintre officiel de Louis XVI, il avait fait le portrait de la reine et deux portraits du roi. Il avait peint le comte de Provence, la duchesse de Chartres, la princesse de Lamballe, Franklin, Neckcr, Gluck, de Marigny, d’Angiviller, l’avocat Gerbier, le prévôt des marchands La Michodière, l’abbé Arnaud, l’abbé Bossut et plusieurs autres académiciens, Vien, Allegrain, etc. Et il faut bien dire que ces portraits ont les qualités les plus sérieuses.
Duplessis n’est pas un peintre de cour dont le souvenir doive s’effa-
1er avec l'engouement qui l'a mis à la mode ; c'est un maître par le talent par le caractère, par des connaissances scientifiques .ares cher les artistes de son temps, par diverses recfiercl.es. inventions ou decouvertes qui ne lui donnèrent point la fortune, ma.s qu, témoignent de l'étendue de son esprit. Sa correspondance offre un ...teret que l'on appréciera par les extraits que nous en publions.
Sa vie mérite d'être écrite en détail ; c'est celle d m, noble artiste, d'un honnête homme, que scs succès n'avaient pas enrichi, que la révolution relégua dans le lointain d'un autre âge, qu, parut se rendre importun à l'ancien régime et au nouveau par des sollicitations réitérées en vue de faire valoir des droits ou des considérations d humanité : il lutta contre les bureaux des ministères et l'Institut, et ne put tirer ou conserver de ses travaux un morceau de pain pour ses
derniers jours. . , .
Il eut la fin la plus triste, la plus poignante qu. soit et .1 „ es
pas exagéré de dire qu'il mourut, dans le palais de \ersa.lles, de misère et presque de taim.