DE L HÔPITAL
Duplessis est né à Carpentras le 22 septembre 172b \
En dehors des pièces inédites que nous emprunterons aux archives locales et nationales et qui constituent un précieux dossier, il y a peu à glaner dans les biographies du peintre qui, selon l'usage, reproduisent des erreurs. Mais une notice nécrologique publiée dans le Moniteur universel du 10 messidor an X et signée de Lauzan, conservateur adjoint au Musée spécial de l’école française, « qui fut bien à portée, écrit-il, de connaître ses ouvrages et sa personne », inspirée assurément par des conversations avec Duplessis et les souvenirs de
1. Acte de baptême : Josephus Siffredus Duplessy. 1725. — Anno quo supra et die vigesima tertia septembris, haptisavi Josephum Siffredum, filium Dnl Josephi Guillelmi Duplessy et domicellae Spiritae Reynard, conjugum, natum heri hora circiter secunda et tertia pomeridiana, cujus patrini fuerunt Dnus Josephus Reynard et domicella Anna Benoît. Claudius Siffredus Duplessy, presbiter deputatus.
Le prénom Siffredus se traduit aujourd’hui par Siffrein, comme l’évêque de ce nom. Mais nous adoptons la version de Duplessis : « Je vous prie de vous souvenir que mon nom s’écrit Joseph-Siffred Duplessis » (Lettre du 29 août 1784. Archives nationales, O1 1917, p. 2-3, n° 296).
D’après les précieuses notes manuscrites prises par Barjavel pour la deuxième édition de son Dictionnaire biographique, Duplessis naquit dans la maison qui fait l’angle de la rue de l’Eau pendante et de la rue du Mont-de-piété, à l’extrémité occidentale de la rue Porte de Mazan. Le conseil municipal de Carpentras a donné le nom du peintre à une rue de la ville.
27 pauls ; plus, en deux fois, 6 pauls encore et un secjuin. L’emprunteur paraît discret ; le prêteur tient exactement ses comptes, mais il ne se borne pas à rendre de légers services d’argent : il s’intéresse à son compatriote et il s’occupe de ses travaux. D’après les souvenirs de Lauzan, que M. Lagrange a mis en scène, leur première rencontre eut lieu à Tivoli. J. Vernet fait l’éloge de l’étude que Duplessis terminait; aux remerciements du jeune artiste et à 1 accent qu il y met, le peintre avignonais reconnaît leur commune langue maternelle. On est aussitôt en confiance et A ernet conseille à son nouvel ami de se vouer au paysage, pour lequel il le juge doué d’une aptitude réelle. Il semble que Duplessis ait regretté de n’avoir pas suivi cet avis. 11 se peut que, comparant les vicissitudes de ses dernières années avec la vie heureuseet la fortunede Joseph Vernet, il ait cru pouvoir l’envier ; mais si nous en jugeons par les rares paysages qu’il a peints, mieux vaut pour sa gloire qu’il ait fait des portraits.
Lauzan dit que Duplessis passa quatre années à Rome. .Nous n’avons aucune autre donnée sur son séjour en Italie et sur ses études dans l’atelier de Subleyras. Son retour précède de peu la mort de son maître survenue en 1 7 9 .
En retournant à Carpentras, vers l àge de 24 ans. il reçut des hospices de cette ville la commande du portrait du chanoine Gualtéry, qui lui fut payé 2 4 livres '.
L’usage était de garder la mémoire des bienfaiteurs des établissements charitables. Ceux qui avaient légué des sommes importantes avaient leur portrait dans la grande salle de réunion des administrateurs ; ceux qui avaient fait de moindres dons étaient honorés par la représentation de leurs armes ou par une peinture symbolique rappe-
1. faut Achard, Annuaire de Vaucluse. i865. Notes historiques sur les peintres et les sculpteurs du département de \'aucluse. Les prix pavés pour les portraits de Collot, Costebelle, Gérenton de Saint-Valtier et du chanoine d'Inguimbert sont empruntes au même article et sont tirés des archives des hospices de Carpentras, E. !\~r 123, 1 84 et 207. Quoi qu’il y ait peu à glaner après cet érudit archiviste, qui a ouvert la voie à toutes les recherches ultérieures sur les artistes du Comtat. j'ai pensé que l’on pouvait faire encore quelques trouvailles et je ne me suis pas trompé.