‹ J.-S. Duplessis, peintre du roi, 1725-1802Chapitre 48 sur 134 · Archives nat., O1 1920, pl · texte numérisé non relu

Archives nat., O1 1920, pl

2. M. Pératé, conservateur-adjoint au palais de Versailles, a bien voulu m’écrire cpie

toute vérification à cet égard était impossible, la toile ayant été reportée sur un châssis neuf.

LES SALONS DE 1777, 1 7 7 g £ T 1781 gi

que son portrait est « d’un goût et d’une ressemblance parfaite ». C’est du reste l’éloge que fait avec ensemble la presse sur l’exposition de Duplessis, jugée très favorablement, avec quelques réserves sur les ombres, que le Journal de Paris voudrait plus transparentes. « Il est un peu difficile de mieux faire la ressemblance et de mieux imiter les étoffes », dit-il. « Sa réputation est faite et son talent connu », lit-on dans la Patte de velours. Par malheur, c’est Carmontelle d’après les Mémoires secrets, qui écrit (est-ce croyable?) « le genre du portrait n’est pas digne d’intéresser généralement ».

Panard au Sallon adresse au peintre son compliment le mieux tourné :

C’est la Nature,

Duplessis, dont tu rends les traits ;

Trompé par ta douce imposture,

On dit, en voyant tes portraits :

C’est la nature.

L’auteur de La vérité critique des tableaux exposés au Louvre en 1781 esquisse un parallèle entre Duplessis et Roslin, que nous retrouvons à chaque page de ces brochures, puis il ajoute :

« Plus sagement, vous répandez de la vapeur dans vos fonds, vous y mettez de l’accord, et vous évitez par là le dur des tableaux à beau satin. Ainsi, monsieur, malgré les acclamations et les grands cris du public : Ah! le beau satin! je n’hésite point à vous rendre la justice qui vous est due. Vous êtes, sans contredit, le plus grand peintre en portrait du royaume; vous êtes certainement le Van Dyck delà France; mais un moment, vous êtes encore loin du véritable Van Dyck. »

Deux portraits fort loués sont ceux de M. de Tavernery, aidemajor des gardes du corps du roi, et celui de Thomas, l’académicien.

Le premier était encore dans le département de Vaucluse, à Orange, en i852, puisque le 20 octobre, Denis Bonnet, ce professeur de dessin au collège de Carpentras, dont j’ai déjà parlé, en a fait une copie, sur le châssis de laquelle j’ai relevé la curieuse mention ci-après :

« La reine Marie-Antoinette aimait à parler à M. de Tavernery, pour entendre son accent provincial. »

Ce lieutenant des gardes était né à Mazan, commune voisine de Carpentras. Duplessis avait rencontré un compatriote de plus, et il est remarquable qu’on ne connaisse aucune trace de la réunion à Paris de tant de Comtadins, désireux « de ne pas perdre l’accent », comme plus tard les fondateurs de la Cigale, puisque c’était s’assurer un si vif succès auprès de la reine.

Quant au portrait de Thomas, on le trouve « frappant », et Diderot, qui, à propos de X Essai sur les femmes, avait écrit : « J’aime Thomas ; je respecte la fierté de son âme et la noblesse de son caractère; c’est un homme de beaucoup d'esprit ; c’est un homme de bien; ce n’est donc pas un homme ordinaire », il n’a garde de le passer sous silence :

« Le plus étonnant de ces portraits, écrit-il, est celui de Thomas, dont la tète est si commune, les traits naturellement si embrouillés, la physionomie si peu sensible; et l'artiste a trouvé le secret de saisir cette physionomie, de caractériser ces traits, de donner à cette tête une expression noble, élevée, et de la rendre en même temps fort ressemblante; c’est Thomas, mais c’est lui tel qu’on le voit dans la société après l’avoir vu dans ses ouvrages1. »

Il a aussi les honneurs de la poésie et le Journal de Paris lui dédie cc huitain, après avoir constaté « qu'il est peint supérieurement » :

Il respire : c’est lui. De ce charmant tableau,

Aux pieds de Marc-Aurèle, et près de d’Aguesseau La place est retenue au temple de mémoire.

Bon et sage Thomas ! tes écrits et tes mœurs A la vertu forcent de croire...

Qu est devenu ce portrait? J'ai quelques raisons de penser qu'il est à la bibliothèque de Clermont-Ferrand, ville natale de Thomas. Il

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