‹ J.-S. Duplessis, peintre du roi, 1725-1802Chapitre 53 sur 134 · Félix reçoit une autre partie · texte numérisé non relu

Félix reçoit une autre partie

a. A. N., O1 1 67 A Le mémoire s’élève à 599 livres 8 sous.

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manger pour atelier et il fait du salon un cabinet pour son usage. Le mémoire des dépenses prouve que les deux peintres aimaient les belles choses : lambris de chêne de trois pieds de haut, baguettes d'encadrement de la tapisserie, tablettes de marbre de brèche violette, il y en a pour4i8 livres encore, que Pierre aime mieux se faire rembourser par Duplessis que par Vieil, Directeur de l’Académie de France, à Home, à qui cet appartement est réservé1; enfin les peintures, les portes, les papiers à coller font encore emiron 4oo livres.

Mais quatre ans à peine depuis que cet aménagement est terminé, Vien rentre à Paris ; Duplessis doit lui céder ce logement agréable. C’est alors qu’il réclame ; il adresse au comte d’Angiviller cette supplique où il invoque ses infirmités pour renoncer « à la nouvelle faveui » qu’il reçoit en échangeant le logement du Louvre contre un logement aux Galeries; celui-ci ne lui convient pas aussi bien, il va être obligé à de nouvelles dépenses pour s'installer de nouveau et il écrit d’une façon touchante :

Je n’ai pas reçu cette nouvelle faveur sans verser quelques larmes... Je vous prie pourtant de ne pas croire que ce soit l'ambition qui m’ait aveuglé ; c’est un désir violent de jouir de certaines commodités, désir qui n’a rien de frivole.

Toutes mes passions, tous mes goûts se réduisent à un, celuy de m’occuper utilement ; si la nuit me force à quitter le pinceau, je prends la lime, la scie et le compas. Mes occupations n'ont pas pour objet ma seule utilité; je travaille pour la peinture en général et si la difficulté de m’y livrer, faute d’espace et de commodités ne surmonte pas cet amour de m’occuper utilement qui m'est naturel, vous sentirés peut-être un jour que je méritois d’être encouragé — (ici les détails que nous avons déjà reproduits sur sa surdité et ses maux d’yeux). Si ces raisons ne peuvent rien auprès de celles qui vous ont porté au déplacement que vous avez ordonné, je ne me plaindray jamais que du sort qui se plaît si rarement à faire des heureux ; je respecterai comme

i. Vien n’hésite pas à refuser le remboursement à Duplessis qui, malgré ses sollicitations pour obtenir ce qui, en somme, lui est dà, n’est pas un homme d’argent. D’Angiviller le reconnaît en lui allouant une indemnité spéciale.

SES LOGEMENTS AU LOUVRE

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je le dois ce que votre sagesse vous aura dicté, et je me dirai toujours avec toute la reconnaissance et le respect possible... 1

Le Directeur des Bâtiments ne put revenir sur sa décision ; il paraît bien qu’il ait cherché une autre combinaison, car sa réponse se fit attendre jusqu’au 27 février ; il n’en trouva aucune, car il rappela à Duplessis que son logement lui avait été attribué sous réserve de le rendre à Vien, dès son retour de Rome. Il lui fit remarquer que ses confrères Vernet, Roslin et d’autres peintres, logés aux Galeries, avec une nombreuse famille, avaient une grande pièce bien éclairée pour peindre, et que, célibataire, il pourrait « à plus forte raison y trouver des commodités pour les diverses occupations qui lui servent de délassement après avoir peint ». D’Angiviller ajoutait une considération qu’il jugeait capitale : « C’est que ce logement est pour votre vie au lieu que plusieurs événements pouvaient vous déplacer de celui du Louvre... et je ne doute pas qu’envisageant les choses de telle manière, vous ne cessiez d’avoir regrets à celui du Louvre 2 !... »

Notre peintre se résigne : il le fait savoir le 1 5 juillet 1781 « non sans supplier le directeur général de lui accorder quelque acompte sur ses ouvrages, vu les dépenses qu’il est obligé de faire », et incontinent il reçoit 2000 livres.

Le voilà donc aux Galeries, mais il n’y peut être fait le moindre travail de réparation sans l’autorisation du Directeur, aussi celui-ci est-il réellement importuné pour des riens ; c’est la cheminée de l’atelier où on ne peut faire de feu sans qu’elle fume; c’est un maçon qui doit sceller les boiseries. . . « Lorsque vous m’avez accordé ce logement, écrit Duplessis à d’Angiviller, avec quelque malice, j’ai bien pensé que vous m’accordiez la permission tacite de le fermer de portes et fenêtres3... » Il y a une pierre à poser à l’appui de la fenêtre de la

1. Archives de l’art français, 1873, du 8 janvier 1780. Le brevet, du 3o janvier 1780, a été publié par M. J. -J. Guiffrey.

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