‹ J.-S. Duplessis, peintre du roi, 1725-1802Chapitre 7 sur 134 · DE GABRIEL DE SAINT-AUBIN · texte numérisé non relu

DE GABRIEL DE SAINT-AUBIN

C’est donc en 1762 que Duplessis arriva à Paris.

Il paraît bien que le jeune artiste carpentrassien, timide et gauche, y débarqua sans être muni de pressantes lettres de recommandation, ou qu’il n’ait pas osé en faire usage. Il avait pourtant des compatriotes qui étaient en état de le servir de leur influence.

Depuis longtemps, la Faculté de Médecine de Montpellier (qui avait et qui a gardé une grande réputation dans la thérapeutique) fournissait aux rois de France des médecins, et certes on devait faire grand cas à Carpentras du docteur Lassone, alors médecin de la reine Marie Leczinska, qui, à la suite de d’Aguin, médecin avignonais de Louis XIY et de Joannis, un Comtadin, médecin de Louis XV, pouvait répandre les faveurs royales sur ses compatriotes. Or, le père de Joseph Siffred n’était-il pas lui-même quelque peu chirurgien ou chimiste, et jugerait-on indiscret de sa part d’écrire à son éminent confrère pour lui recommander sa progéniture ? Rien n’est certain à cet égard, mais une hypothèse fondée sur les mœurs de l’époque, qui sont les mœurs de tous les temps, est assez vraisemblable et un érudit d’Avignon, M. Illy, l’a risquée dans la seule monographie connue de

Duplessis1. Cette notice contient malheureusement des erreurs nombreuses qui ne permettent pas de la consulter sans défiance.

Il y a aussi l’abbé Arnaud, né à Aubignan, près de Carpentras, à peu près du meme âge que Duplessis, et dont le nom retentira bientôt dans la presse, dans les Académies, à l’Opéra; il dut être d'un grand secours au peintre, si l’on remarque les personnes chez qui fréquente l’abbé et dont la plupart se feront peindre par cet artiste : d’abord les ecclésiastiques, tels que l’abbé de Yéri, conseiller de Maurepas et qui lui recommandera le choix de Turgot pour le contrôle général des finances ; personnage intluent à la cour et à la ville, à qui l’abbé Nardi, agent des consuls d’Avignon, rapporte tout le succès de ses négociations2; l’abbé Jourdan, chanoine de l'église Saint- Louis, qui passe pour avoir été un des directeurs de conscience de Marie-Antoinette ; le chanoine la Monnoye, du chapitre de Notre- Dame de Paris; l’évêque de Caliors, M*r de Cheylus, un Avignonais aussi.

Il y avait à Paris bien d autres connaissances utiles pour notre artiste, gens du Comtat ou de l’Etat d’Avignon :

L’architecte François Franque, qui sera de 1 Académie d’architecture, inspecteur des bâtiments de l’hôtel des Invalides ;

Le AÛeux maître de J. Yernet, Louis-René N i al i , qui malgré son extrême vieillesse, expose le portrait de Mmc Franque ;

Aubert, joaillier de la couronne, logé aux galeries du Louvre, dans l’appartement portant le n" i3, et le Garpentrassien mettra sans doute son ambition à voisiner un jour avec lui ;

Peilhon, conseiller secrétaire du roi (c'est pour lui que Yernet, en 1757, peint la vue d'Avignon, dont la gravure seule nous reste);

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