‹ J.-S. Duplessis, peintre du roi, 1725-1802Chapitre 73 sur 134 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

HONORAIRES. PENSIONS. LA FAILLITE DU PRINCE DE GUEMÉnÉE.

EMBARRAS FINANCIERS

Les mémoires des travaux exécutés par Duplessis pour le compte de la Direction des Bâtiments s’élèvent à un total de 33 800 livres et comprennent les deux portraits de Louis XVI, leurs copies, les portraits de d’Angiviller et la copie de Marigny ; en y ajoutant l’indemnité de 8000 livres qui lui fut accordée pour le projet de portrait de Marie-Antoinette ', on obtient le chiffre de 4 1800 livres. Avec les secours alloués au peintre à l’occasion de son installation aux galeries du Louvre et pour le remboursement des réparations que Vien lui refusait, le total monte à 45 4oo livres, qu’il ne peut se faire payer qu’au prix de sollicitations répétées, avec de longs retards et par acomptes. L’Etat en usait avec ses créanciers comme les grands seigneurs.

Disons cependant que d’Angiviller fut parfait toujours avec Duplessis ; malgré ce que de fréquentes démarches ont d’importun pour les gens en place, il ne marqua jamais d’humeur contre lui, répondant à toutes ses lettres avec une réelle courtoisie et ne l oubliant pas dans la distribution des pensions.

1. Le portrait envoyé à Marie-Thérèse ne figure pas dans les mémoires que j’ai eus sous

A la vérité, il ne le comble point de faveurs. L appartement de Chardin au Louvre ne lui est donné, « pour avoir eu l’honneur de peindre le roi » qu’en 1780. 11 ne reçoit point l’ordre de Saint-Michel; sa première récompense, en outre de ses honoraires, ne lui est décernée qu’en 1783; et c’est sur 1 initiative de Pierre, qui propose de lui accorder 600 livres, à cause des pertes qu’il vient d’éprouver dans la faillite de Rohan Guéménée. Au lieu de 600 livres, on ne lui en donne que 5oo.

Il est traité comme Beaufortet Machy, ni mieux ni plus mal. C’était une aubaine peu commune que la mort de trois académiciens, faisant vaquer 1 4oo livres de pensions d’artistes, ce qui permettait, avec un reliquat antérieur, de dispenser 2 200 livres aux membres de 1 Académie. La formule du Brevet porte que « S. M. informée du zèle avec lequel le Sr Duplessis, etc... consacre ses talents au progrès des Arts, avait voulu lui donner une marque de sa bienveillance et de la satisfaction qu’elle ressent de ses services ». La lettre d’envoi du Directeur y ajoute : « Je suis en mon particulier charmé d’avoir ici ce moyen de vous donner une marque du cas bien véritable que j'ai toujours fait de votre talent distingué. » Les révolutions n’ébranlent pas les formules administratives.

Le 1" août 1784, il a une augmentation de 3oo livres, et sa pension est portée a 800 (Brevet du 3i août).

« C’est avec un vrai plaisir, lui écrit d’Angiviller, dès le 19 juillet, que je vous fais part de cette nouvelle grâce du Roy. » Duplessis lui répond avec une effusion de reconnaissance, où l’on voit que sa situation était devenue très précaire :

Monsieur le Comte

A Paris, ce 20 juillet 1 —84 -

L’absence de Monsieur Pierre ne luy a pas permis de m’anoncer plutôt que ce matin ce que vous avez eu la bonté défaire pourmoy. Oui, Monsieur le Comte je l’ay dit, je ne périray pas puisque j'ay eu le bonheur de vous intéresser en ma faveur. Le sort le plus cruel paroissoit me menacer, je voyois prospérer autour de moy ceux qui courent la même carrière je ne leur por-

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