‹ J. SulkowskiChapitre 10 sur 88 · PARTAGE DE LA POLOGNE · texte numérisé non relu

PARTAGE DE LA POLOGNE

L’Europe, tranquille spectatrice de l’acte le plus monstrueux que puisse présenter l'histoire, ne fit pas même les réclamations les plus simples pour sauver son honneur, non plus que l’individualité d’une des nations les plus honorables, renfermées dans son sein. Cette vieille Europe, déjà accoutumée à se rire d’elle-même, ne crut-elle pas remplir tous ses devoirs, en faisant quelques caricatures, où divers animaux féroces représentant les trois co-partageans, un lion, image de Catherine, des loups, sous l’uniforme de Frédéric et de Joseph II, concouraient au dépècement de la victime marquée par l’ambition des trois monarques, peutêtre par la fatalité qui est au-dessus de tous les Hois ! !

C’est à cette sombre époque, où la Pologne si odieusement morcelée venait de perdre ses plus belles provinces, que naquit Joseph Sulkowski: son père était d’une famille polonaise noble; mais quoiqu’elle appartînt aux princes de ce nom, elle se trouvait fort pauvre.

Au rapport de quelques Polonais , J. Sulkowski était un fils naturel de François Sulkowski, frère cadet du prince Auguste de ce nom. Ce qu’on appelle dans notre langue française, souvent disposée auxadoucissemens, mais souvent aussi non moins injuste qu’inexacte dans les qualifications; ce qu’on appelle un enfant naturel^ est tout simplement un enfant né d'une union ignorée des lois; comme si ceux qui sont nés d’un mariage légitime, cessaient d’étre les enfans de la nature y ou comme si c’était au nom de lanatureeWe-mèmey que les enfans de l’amour dussent être proscrits !..

J. Sulkowski fut recueilli de bonne heure par le cousin germain dont il était le filleul, et qu’on appelait son oncle.. Le prince Auguste, n’ayant point d’enfant, dit que Joseph serait le sien ; cette adoption le chargeait de son éducation. Il la commença dès l’âge de trois ans , ne voulant pas perdre un instant pour façonner à son gré le rejeton destiné à soutenir V honneur de son nom.

L* honneur de son nom y comme Auguste Sulkowski l’entendait, consistait à être chargé de plaques, de cordons, de tous les genres de décorations qui se distribuent dans les cours. Déjà Palatin, couvert des marques de distinctions qu’on pouvait avoir dans son pays, il aurait voulu encore obtenir toutes celles établies dans les autres. La grandesse' d’Espagne , le cordon bleu de France, la pairie d’Angleterre, (qui par les lois anglaises ne peut être accordée à un étranger ) tous les

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