LIVRE TROISIEME
lée de Constantinople, le 2a novembre 1794?
(2 frimaire, an iii de la République française.) Descorches continue de rendre compte à Potocki de la situation du cabinet Turc, des espérances qu’il a que l’empereur Sélim sera d’accord avec eux, du parti que prendra la République française à l’égard de la Russie et de l’Autriche, lorsque la Porte Ottomane se croira en mesure d’agir en faveur de la Pologne. Plusieurs phrases de cette lettre sont écrites .en chiffres, enlr’autres l’une d’elles qui concerne Sulkowski : on voit que Descorches attachait une grande importance à la mission qu’il lui avait donnée, et qu’il le croyait capable de l’exécuter avec succès.
« Citoyen et ami, dit Descorches à Potocki,
» c’est à toi et à ceux qui connaissent mon cœur,
» à te dire ce que j’ai ressenti à la vue de ton émisw saire Pierre CruttUy et surtout après la réception f> de la lettre du 29 septembre. Ce jour-là meme,
» par xin hasard que je n’appellerais pas singulier,
» si le rapport des âmes pouvait produire de pa- » reils effets, ce jour-là je t’écrivais de mon côté.
» Tu en auras j’espère la preuve entre les mains.
» Je profitais du départ du jeune Sulkowski qui, se y) trouvant ici depuis quelque temps, allait joindre ^ » Kosciuszko, Son sort au reste m^est inconnu en- » core de Bukarest, etc. »
Sulkowski arrive enfin en Pologne.
C’est le moment où les affaires de sa patrie touchent à leur ruine. Madalinski, avec un faible
parti, luttait encore contre les Russes victorieux. A peine Sulkowski a-t-il le tenjps de se faire reconnaître. 11 parvient cependant à se mettre à la tête d’un petit corps. 11 est bientôt défait au premier engagement. On apprend en même temps que le généreux Kosciuszko, couvert de blessures, vient de succomber. 11 est au pouvoir des Russes; la bataille de Macîeiowice est perdue : Souvaroff est entré dans le faubourg de Praga Le sacrifice de la Pologne est consommé
Sans avoir participé à cette dernière Révolution, Sulkowski en connut assez bien les détails, pour avoir essayé d’en composer l’histoire. 11 l’a écrite en deux livres, et cette ébauche rapide, en montrant clairement ce qu’il aurait fait comme militaire et comme citoyen, fait regretter davantage que Sulkowski chaque jour plus mûri, mais non refroidi par la réflexion, n’ait pu exercer une grande influence sur les événemens.
En rendant compte de la belle affaire de Raçlavicé J il donne en grande partie l’honneur de cette victoire à l’intrépidité des montagnards Krakoviens ; il admire la dextérité avec laquelle ils fauchèrent leurs barbares ennemis. 11 observe qu’il est impossible de calculer, avant de l’avoir éprouvé, l’effet que produit une faulx posée à droite sur une barre* pesante, et maniée par un bras vigoureux. Que maintenant , dit-il, oti de-mande leur avis aux Russes, Si c'était d'estoc que Von employât les faulx, elles atteignaient beau^