‹ J. SulkowskiChapitre 40 sur 88 · LIVRE TROISliCME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISliCME

coup plus loin que les bajonnettcs; si c' était de taille^ on voyait des hommes ^ îles chevaïut même pourfendus d'un seul coup. En un mot, on ne peut mieux comparer ces intrumens terribles ,quau\ lourdes hallebardes auxquelles les Suisses furent anciennement redevables de leurs victoires. C’est ainsi qu’en ces derniers jours , les Polonais régénérés de i83o ont employé avec non moins de bonheur cette arme si redoutable de leurs pères, contre les stipendiaires de Nicolas! Combien d’autres rapprochemens de gloire et de revers entre l’insurrection si généreuse de 1794 celle non moins généreuse de i83o!

En voyant les succès obtenus par ces moyens révolutionnaires , si on veut les appeler ainsi, Sulkowski peut avoir le droit de s’étonner qu’on n’en ait pas fait un usage plus fréquent dans le cours de la guerre de la liberté, et plusieurs.de ses réflexions expriment ce regret. Il pense que la guerre des Républicains pouvait être partiellement défensive, mais qu’elle devait être surtout offensive. Cette opinion n’a pas pour elle moins de raisons militaires que politiques. Lorsque les Prussiens devaient garnir six à sept lieues de tei rain; qu’ainsi leur ligne d’opération présentait certainement des endroits faibles, Sulkowski pense qu’on aurait du risquer des coups de main hai dis, tâcher d’entamer ou de couper une des ailes de l’ennemi, fondre sur ses quartiers , sans laisser le loisir de suivre le plan combiné; qu’il fallait

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enfin les premiers porter la mort dans les rang^^s, au lieu de se borner à parer nonchalamment ses attaques. J.iT. Rousseau avait dit, il y a plus de cinquante ans : Non , si la Pologne ne ^eut qu imiter ses voisins y elle ne leur résistera jamais

Je voudrais que son armée eût une tactique qui lui fût propre y,,, quelle s^ exerçât surtout a se rompre y s^ éparpiller et se rassembler sans peine et sans confusion; quelle excellât dans ce quon appelle la petite guerre y dans toutes les manœuvres qui conviennent à des troupes légères , dans Vart dinonder un pays comme un torrent y d* atteindre partout et de nétre jamais atteinte y d*agir toujours de concert quoique séparée y de couper les communications y d'intercepter les convois y de charger des arrièregardes y d enlever des gardes avancées y de surprendre des détachemensy de harceler de grands corps qui marchent et campent réunis; quelle prit la manière des anciens PartheSy comme elle en a la valeur y et quelle apprit comme eux à vaincre et h détruire les armées le mieux disciplinées y sans jamais livrer de batailles , et sans leur laisser le moment de respirer.

Sulkowski pense encore qu’il fallait faire prompte justice des traîtres qui avaient vendu la Pologne, et ne point punir comme coupables les estimables Républicains qui, organes des vœux du peuple, avaient demandé la punition des vrais coupables; mais ce qu’il pense surtout, c’est que, pour défendre la Pologne , il fallait réclamer le

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