LIVRE QUATRIÈME
1795, retour de Sulko'WsUi à Paris. — Ses occupations. — Son mémoire sur les derniers évënemens de sa patrie. Le général Pelet. — M. Julien. — Système de guerre présenté par Sulkowski. — Potemkin. — Sa cruauté. — Sulkowski sur la Turquie.
— Le général Chérin. •— Sulkowski à Parmée dTtalie. — Le ministre Pètiet. — Le général Berthier. — Sulkowski adjoint à l’état-major de Bonaparte.— La batterie Saint-Georges enlevée.— Sulkowski attaché à Bonaparte. — Missions importantes. — Confiance de Bonaparte. — Affaire d’Arcole. — Sulkowski blessé. — Détails curieux sur la bataille d’Arcole. — Autrichiens battus. — Un général allemand. — Considérations sur l’Italie et les Italiens. — Itinéraire. — Lettres politiques et militaires des plus remarquables. — L’Empereur François II. — L’archiduc Charles. — Observations de Sulkowski sur les plans du général en chef Masséna. — Sulkowski en Carinthie. — Combat de Tarvitz. — Avantages des Français. — Le général Joubert.
— Expédition du Tyrol. — Description des peuples de ce pays. — Le général Vial. — Victoires de Joubert. — Distinction entre les Tyroliens et les Autrichiens. — Plan de Bonaparte. — La Carinthie et la Camiole. — Victoires de Masséna. — Demande d’armistice. —Examen politique et militaire de la situation des deux puissances belligérantes. — Paroles de Carnot sur Sulkowski. — Sentimens civiques de celui-ci. — Mission pour Venise. — Lettre à Bonaparte. — Vertu de Sulkowski. — Bonaparte charge Sulkowski d’exciter les adresses préparatoires du 18 fructidor. — Conduite de Sulkowski dans cette circonstance. — Il écrit sur ce sujet. — Ce qu'il avait dit à Joubert. — Traité de Campo-Formio. — Bonaparte à Rastadt. — Sulkowski dans le Tyrol.
Voilà Sulkowski encore une fois sans patrie; ah! la France est la patrie de la liberté, et son cœur l’a dès long- temps choisie! S’il n’a pu en être adopté dans son premier voyage , il ne désespère point de l’étre cette fois. 11 se sent trop digne de l’adoption pour n’en être pas sûr ; et quand il
l’aura honorée, c’est alors que, précédé d^in nom militaire, il pourra revenir en Pologne le sabre à la main. Sulkowski retourne à Paris. (1795).
Pendant son séjour dans cette dernière ville, il s’occupait à rassembler et ordonner ses idées sur la dernière Révolution de son pays ; plus il examinait consciencieusement les causes de son issue
moins il découvrait que les malheurs dus à certaines fautes donnassent une conclusion contre l’espoir de réparer ces malheurs, en évitant les mêmes fautes. Celte conviction se fortifiait en lui de la recherche plus attentive de tous les faits ; et ces réflexions le décidaient, autant que ses sentimens, à penser qu’il était toujours possible de rallumer en Pologne les feux de la liberté. 11 ne négligea rien pour persuader le Gouvernement français de celte opinion. En même temps qu’il sollicitait du service dans l’armée delaRépublique, il parvint à faire agréer, du ministre des relations extérieures , l’esquisse d’un plan militaire et politique où il avait émis ses vues sur le sujet toujours si cher à son cœur, l’avenir de la Pologne renaissante.
« J’ai vu avec peine, dit-il dans son Mémoire, que pour parvenir à rendre à la Pologne quelqu’existence , on s’en tenait à indiquer les voies de la négociation. Dix années de bons offices de la part des alliés de la Pologne ne feront jamais qu’apprendre à mieux river les fers de ses habitans ; une année d’eflbrts suffit pour rompre ces fers.