‹ J. SulkowskiChapitre 46 sur 88 · LIVRE QUATRIÈME. I I I · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. I I I

tjne nation que les circonstances et non l’avilissement ont réduite en esclavage, doit avoir, pour base élémentaire de sa diplomatie , des victoires. Cette nation a-t-elle droit de les espérer autrement qu’en combattant pour son indépendance ? Le peuple qui consentirait à s’endormir sous le joug , ne mériterait-il pas que les tyrans l’appesantissent? »

Sans rejeter cej>endant toute médiation de la

diplomatie, Sulkowski pense que pour résister les

Polonais doivent commencer par redevenir libres,

et que pour redevenir libres, ils doivent savoir *

mourir. On m’objectera , dit-il , le dénuement d’armes , de munitions, de forteresses où se trouvent les Polonais. A cette absence de moyens matériels, j’opposerai la présence des moyens personnels, celle des hommes libres, levés pour suppléer à tout ce qui manque à leur noble cause; à la surveillance attentive de cent mille mercenaires qui les oppriment, j’opposerai le sentiment puissamment réveillé de l’oppression qu’éprouvent six millions d’hommes; j’opposerai la terrible électricité que doit produire ce sentiment sur une masse redoutable; j’opposerai encore le désespoir même de cette masse, armée spontanément contre les tyrans qui la croient leur proie. Pour réunir un peuple que l’esclavage n’a point flétri , il suffît de lui indiquer les points les plus propres à sa défense, les moyens les plus prompts pour l’attaque.

Dans son Histoire de la campagne de 1809,

ouvrage si remarquable par le talent de l’écrivain, comme par la profonde science stratégique , M. le général Pelet a écrit : Le jour oà Von pourra dire aux Polonais y soyez libres y leur pairie renaîtra de ses cendres \ pour lutter contre les armées de V Europe y il ne manque aux paysans polonais que la propriété et V usage du fusil ; chacune de ces armes répandues en Pologne est comme une des dénis du dragon qui la peupleront de héros. Les memes sentimens et les mêmes vœux ont été exprimés dans plusieurs morceaux distingués, et notam* ment dans sa notice sur Kosciuszko , par M. Julien , dont l’activité n’a jamais manqué à la propagation des idées généreuses.

Une guerre du genre de celle que les Polonais ont à soutenir dans celte grave circonstance, devant être combinée d’abord sur le calcul des résistances politiques et militaires de ses ennemis, Sulkowski croit devoir passer en revue les forces respectives des trois Puissances co-partageantes.

Il voit dans l’armée prussienne une masse assez imposante par sa régularité, mais dépourvue d’ame depuis qu’elle n’a plus son grand Frédéric , et n’ayant jamais, malgré la mobilité de sa tactique, obtenu aucun avantage contre les développemens militaires, ou lesmouvemens populaires de la Pologne.

Dans les Russes, Sulkowski voit une politique militaire y si l’on peut parler ainsi, plus perfectionnée par la Tzarine que partout ailleurs ; il croit qu’on ne s’est pas tant occupé de rendre les

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