‹ J. SulkowskiChapitre 61 sur 88 · I JO · texte numérisé non relu

I JO

(l’y avoir acquis des connaissances immenses. Il avait constamment médité la tactique des difTérens peuples , et cru reconnaître que toutes les chances qui peuvent sortir de l’emploi combiné de ces diverses tactiques, dans des circonstances diverses, n’étaient nullement épuisées. Des besoins nouveaux engendrent nécessairement des idées nouvelles ; et ces idées se créent à elles-mêmes de nouveaux développemens. Considérant les changemens introduits dans la tactique, comme dans la politique, par la guerre de la liberté, Sulkowski apercevait ici une foule de résultats, où Tobservateur ne pouvait méconnî^ître une source nouvelle de vues normales, étendues par les circonstances qui pressent l’Europe. Pénétré de l’avantage qu’il y aurait pour l’esprit humain à ce que ces découvertes fussent popularisées, Sulkowski se proposait de rédiger en un volume les élémens de ces changemens, que l’expérience lui paraissait devoir consacrer comme principes. L’ouvrage qu’il préparait, devait être le supplément de celui de Lloyd , qu’on peut appeler la philosophie de la guerre, Sulkowski fut alors chaîné par Bonaparte de lui composer une bibliothèque militaire ; et pour essai, son bibliothécaire lui donna bientôt, de lui-même, un extrait de tous les ouvrages de tactique.

ï^s Mémoires d’Oginski viennent encore ici nous fournir une preuve, que la destinée de la Pologne est toujours la pensée dominante

LIYBE CIIfQüliîME. l5l

de Sulkowski. Oginski se trouvait à Constantinople, où l’ambassadeur français, successeur de Descorches, était M. Verni nac. Cet ambassadeur lui remit une lettre du pliis grand intérêt, adressée par Sulkowski à un jeune Grec, nommé Kirkor, qui, après avoir été assez longtemps à Varsovie , était venu depuis auprès de sa famille à Constantinople, pour rétablir sa santé. «fVerninac m’informa, dit Oginski, que ce jeune hommeayant cessé de vivre, quelques joursauparavant, il avait ouvert cette lettre à son adresse, supposant qu’elle pouvait contenir des détails sur la Pologne; d’autant plus que Kirkor, qui était très-zélé pour les affaires de ce pays, avait été en relation avec plusieurs Polonais, et n’avait jamais manqué de renseignemens utiles à la légation

française.

« La lettre en question, de quatre pages, était écrite en polonais , de la main de Sulkowski , et datée de Paris, du 7 février 1796. Verninac me la confiant me pria d’en faire la traduction , que je lui remis, et j’en ai conservé l’original, comme un témoignage de la sollicitude que Sulkowski manifestait en toute occasion pour les intérêts de son pays.

« Les nouvelles qu’il donnait sur les bonnes dispositions du Gouvernement français pour le rétablissement de la Pologne, étaiént très-consolantes; mais il faisait un triste tableau de la discorde qui régnait entre les patriotes polonais.

J. SULKÜWSKI.

Il nommait tous ceux qui se trouvaient à Parisien 4lej)ei<Miaulle cai*a et ère personnel de chacun d’eux, et en les classant selon les dilTèrens principes qu’ils avaient adoptés, et les partis qu’ils formaient.

» Il disait que, ne recevant point de nouvelles de mon arrivée à Constantinople, et peut-être meme ne SC fiant point au succès de mes n^ociations, on avait juj^é à [>ropos d’envoyer Demhowski^ avec des papiers et des instructions, qu’il était char<j[é de me remettre, dans le cas où il nie trouverait sur les lieux ; et on lui signifiait en même temps d’envoyer de suite son rapport à Paris, et de rendre un compte exact de tout ce 4|iril aurait vu et entendu.

w D'après l'opinion de Sulkowski, il y avait, entre les Polonais réunis à Paris, des i-ovalistes, des amis de la Constitution du 3 mai^ des partisans de la llévolution de 1794» des républicains aunlérés, et mémo des jaœbins et des démagogues, (ju'il fais;iit tous connaître par leurs noms; mais il assuniil qu’il n'avait tivuvé entre eux aucun individu dévoué à la Russie, rAulriche, ou la Pvusst': et il ixmeluait de là qu'au premier signal il'un mouvement, jH>ur prtnidre It's armes, il n’y aNait jKis un seul Pv>lonais, de quelque parti qu’il fût, vjui ne fût prêt à aller vei*st'r son sang pour sa jKiirîe.

♦ SulkiONsAi ixwmuuamkiità Kirkor de cxmunuuu|ucr à N erniuac knis h's r^‘nseiguemeas qu'il jugerait ,, mais ne jvts nuire à la

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