‹ J. SulkowskiChapitre 62 sur 88 · LIVRE CINQUIÈME. l · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. l

cause des Polonais, en, compromettant les noms de ceux qu’il avait désignés dans sa lettre. 11 lui enjoignait de l’informer du moment où je serais arrivé à Constantinople, et l’engageait à se rapprocher de moi, et à avoir en moi toute la confiance possible, parce qu’il était sûr que je n’étais d’aucun. parti; que j’avais mon opinion, sur laquelle personne ne pouvait influer, et que je n’a^girais que d’après ma conviction et les principes du devoir .et de l’honneur, en faisant toujours tout ce qui serait en mon pouvoir . pour le ser»* vice et le bien-être de mes compatriotes. »

Tandis que Sulkowski remplissait ainsi le moment de son séjour à Paris, Masséna, nommé général en chef de l’armée d’Italie, demanda pour son chef d’état-major celui qui n’était encore que capitaine. Sulkowski crut ne devoir pas accepter une aussi haute position, etrestertout simplement avec celui à qui il avait été attaché d’abord.

On croirait que la confiance de Bonaparte pour Sulkowski aurait dû s’augmenter tous les jours , à mesure qu’il se servait de ses talens, et qu’il pouvait reconnaître davantage la sûreté de son caractère. Ceux qui ont approché alors le général et l’aide-de-camp, pensent que Sulkowski avait bien forcé l’estime de Bonaparte; que c’était précisément par cette raison, qu’il ne pouvait avoir sa confiance abandonnée, dans la proportion meme où l’abandon semble possible aux Jiommes [)lacés dans des situations supérieures. Mais,

comme Bonaparte n’avait personne dont l’esprit lui parût meilleur^ et la probité plus certaine, c’était toujours Sulkowski qu’il chargeait à Paris d'examiner les plans politiques et militaires, qui lui étaient adressés. Sulkowski fut un des premiers à qui fut communiquée la pensée de l’expédition d’Égypte. Il jugea toutes les intentions du pian de Bonaparte exécutables, avec de la ténacité , de l’audace et de la sagesse. U regardait le grand art de la guerre, non seulement comme le produit de la science acquise, dans toutes les parties qui se rapportent à sa spécialité , mais encore comme l’ensemble nécessaire de toutes les connaissances humaines. La guerre lui parait ne pouvoir se passer d’aucune, puisqu’elle doit les commander toutes , les mettre en mouvement et les diriger. Aussi, le grand militaire, selon Sulkowski, doit-il réunir toutes les qualités que Cicéron exige pour l’orateur, puisqu’il doit être à la fois admb nistrateur, politique et guerrier.

C’est surtout lorsqu’il fut question de cette expédition d’Égypte, que Bonaparte, tout entier alors aux désirs d’une renommée militaire, et aux espérances immédiates qu’elle excite et qu’elle encourage, laissa apercevoir à Sulkowski des ^entimens que son caractère avait pu laisser percer auparavant, mais que du moins il n’avait pas encore avoués.... La France est mal gouvernée y dit un jour Bonaparte à Sulkowski, dans un épanchement que venait de lui arracher une cou-

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