JANE ECLÀIRCIT LE MYSTERE
cernent du mois. Il travaille assez bien, à ce qu'on dit, mais je ne le vois que le dimanche, car le capitaine est très sévère et il ne permet pas de sortir. Il m'a dit qu'il avait été bien accueilli là-haut et qu'il s'y plaisait, Je crois qu'il est en bonne voie maintenant.
— Où demeure-t-il? demanda vivement Jane.
— Dans la montagne, à G kilomètres d'ici.
■ — Combien faudrait-il de temps pour y aller depuis l'école? ajouta Jane, qui poursuivait une idée.
— Il y a 2 kilomètres de plus. Cela dépend de la manière dont on marche.
— Eh bien, supposez que je vous parle d'un garçon de douze à treize ans; que les chemins soient mauvais, que ce garçon ait mal à la jambe et qu'il n'ait fait qu'aller et venir, combien de temps cela preridrail-il? » demanda Jane impatientée.
Frank tenait à donner exactement ses renseignements.
« Dans ces conditions-là, dit-il, il faut compter deux à trois heures, mais pour le dire au juste, il faudrait savoir si Ja personne dont vous parlez a l'habitude de la marche.
— Jack pourrait-il faire cette course-là en moins de temps?
— Non, pas à présent. Autrefois, c'était autre chose, mais sa jambe n'est pas encore très forte. a
Jane se mit a rire. Ce fut au tour de Frank de la questionner :
« De quoi riez-vous? lui dénia nda-t-il intrigué.
— Je ne peux pas vous le dire.
— Pourquoi me demandez-vous tous ces renseignements? Auriez-vous envie d'aller chez le capitaine Skinner?
— Si je n'étais pas malade, j'y serais déjà* Je l'aurais bien vite trouvé!.,.
— Qui?.., Quoi?..,
— Rien* Voudriez-vous avoir l'obligeance de m'approcher la petite table? J T ai une lettre à écrire. Je vous demanderai en outre de vouloir bien me la mettre à la poste, sans le dire à qui que ce soit, avant que je vous en aie donne la permission,
— Bon! voilà que vous allez avoir aussi des secrets, s'écria Frank. Prenez garde, miss Jane, vous vous mettrez dans le pétrin. Je vous en préviens, les secrets sont toujours une mauvaise chose.
— Vous saurez un jour mes raisons, monsieur Frank. En attendant, faites-moi le plaisir de me laisser écrire tranquillement, Je suis bien forcée de vous laisser voir 1 adresse de ma lettre, mais vous n'en connaîtrez le contenu que lorsque j'aurai la réponse, »
Jane se souleva péniblement sur son coude et écrivit la lettre suivante, non sans hésiter beaucoup au commencement et à la fin. Elle connaissait ii peine la personne à qui elle s'adressait, et il lui fallait toute son affection pour Jack pour surmonter sa timidité.
c< Monsieur Bob Walker, chez le capitaine Skinner. « Monsieur Bob,
« Je viens vous demander si Jack Minot est allé vous « voir vendredi dernier. II est dans un grand embarras c< parce qu'on Ta vu parler à Jerry Shannon et lui « donner de l'argent. Il ne veut pas s'expliquer. « M. Àeton Ta puni devant toute la classe, il va pour