UNE IMPRUDENCE
Jane menait une existence si heureuse à Belle-Plage, que personne n'eût pu croire qu'elle y ferait encore des hdlises. Kilo en lit une cependant, et qui pouvait lui coûter cher.
Elle s'amusait beaucoup, avons-nous dit, mais elle souffrait de ne pouvoir participer à tous les jeux de ses camarades. Elle eût voulu les suivre partout. Son dos ne lui faisait plus mai; ses jambes semblaient infatigables, et ii lui en était d'autant plus difficile de résister à la tentation et d'être prudente, Mme Minot avaitgrand'peine à contenir son ardeur- Il lui suffisait cependant d'un mot ou d'un geste pour retenir la petite fille ; mais elle n'était pas toujours là, et Jane n'était que trop disposée à abuser de ses forces.
Un jour. Mine Minot ayant une course indispensable à faire, laissa Jane paisiblement installée dans son bateau avec Gertrude et Mary. Elle lui recommanda de n'en sortir que pour retourner dans la véranda de FhôteL
« Oui, maman, répondit la petite lille.
— Vous n'avez pas de commissions à me donner, ma mignonne? demanda Mine Mi net.
— Oh! si maman, s'écria Jane, Voudrez-vous me rapporter de la soie blanche pour ma couverture?
— Et des rubans pour nouer nos paniers de coquillages, ajouta Mary eu passant sa tête à l'un des bouts du bateau.
— Et des bananes fit Gertrude, en montrant sa tête de 1 autre côté.
— Je n'oublierai rien de tout cela, soyez tranquilles, mes enfants, » leur répondit Mme Minot en s'éloignant.
Mais, au lieu de passer toute l'après-midi avec Jane, comme elles en avaient Fintention. Mary et Gertrude la quittèrent au bout d'une demi-heure. Une de leurs amies, qui partait le lendemain 3 vint les chercher pour faire une dernière promenade. Elles embrassèrent Jane, s'excusèrent de la laisser seule et partirent en riant •
Jane poussa un gros soupir en les voyant disparaître. Elle continua un instant son travail, puis s'en lassa et le mit de côté pour prendre son livre. Malheureusement elle en était au dernier chapitre et elle eut bientôt épuisé cette distraction.
« Que vais-je faire? » se demanda- t-elle.
Il n'y avait personne sur la plage, pas même un bébé avec sa nourrice. Tout semblait désert. Chacun était en partie de plaisir, chacun s'amusait, excepté Jane.
« Ah! que c'est triste détre toute seule! » s'éeriat-elle.
Elle sortit lentement de sa maison et fit quelques pas