‹ Jack et JaneChapitre 40 sur 59 · UNE IMPRUDENCE · texte numérisé non relu

UNE IMPRUDENCE

« Oh! la belle journée!... Quelle délicieuse promenade!

— - Voyez-vous la robe blanche de Gertrude.' dit Jack, quand ils lurent arrivés au ternie de leur promenade.

— Je la vois bien, mais que de monde il y a là-haut! On dirait qu'il est arrivé quelque chose. »

En effet, il y avait là une foule nombreuse qui semblait très affairée, très préoccupée.

cr Je ne comprends pas ce que ce peut être, dit Frank.

— J ai envie d'aller voir, dit Hughes, qui était assez curieux de sa nature.

— Àllons-y ensemble, dit Frank, en sautant sur le rivage.

- Attendez- moi , je vous accompagnerai, s'écria Jack,

— Non, répondit Frank, il ne faut pas laisser Jane seule.

— Eh bien! alors, ne restez pas longtemps.

— Nous serons de retour dans cinq minutes, » dirent les deux amis en s'êloîgnant.

Cinq, dix, quinze mi tintas s'émulèrent. Ils ne revenaient pas. Jane commençait à s'impatienter, et Jack aussi. Elle finit par s écrier :

« Allez donc voir ce qu'ils font! Je n'en mourrai pas pour rester toute seule! »

Jack ne demandait que cela. Il partit comme un trait et fut bientôt au-dessus de la falaise. Mais, une fois là, il disparut dans la foule et Jane ne le revit pas plus que ses camarades.

11 y avait là un photographe qui absorbait toute leur attention. Les jeunes étourneaux s'intéressèrent si bien

à ses opérations, qu'ils en oublièrent à la fois l'heure et la petite malade qui leur était confiée.

Le temps se passait. Jane, lasse de les attendre, s'était recouchée au fond de la harque et rêvait à sa mère et â la lettre qu'elle avait reçue d'elle le malin. Elle finit par s'endormir, bercée par le mouvement des vagues; mais la mer se retirait ; le bateau n'était pas attaché, et chaque vague rentrai nait loin du bord. Jane dormait toujours, inconsciente du danger qu'elle courait.

Tout à coup, elle fut réveillée en sursaut par des cris perçants. Elle se leva si brusquement que son ombrelle en tomba dans la mer, et aperçut sur la plage Jack, Frank et Hughes qui lui faisaient des signes désespérés et rappelaient de toutes leurs forces*

m Quoi! Qu'est-ce! Où suis-je? » s T écria-t-elIe.

llélas! les jeunes gens avaient oublié d'amarrer le bateau et il s'en allait à la dérive.

Comment faire pour revenir? Elle était déjà loin du rivage et elle n'avait pas même de raines. Ses amis avaient laissé les leurs sur le sable ii l'endroit où ils avaient débarqué. Elle ne savait pas manœuvrer la voile, et elle était aussi impuissante qu'un enfant de quatre ans. Pas un bateau autour d'elle, pas un navire à l'horizon 1 La petite fille resta les yeux dilatés par la Ira unir pendant quelques secondes.

« Je vais être noyée, pensa-t-elle. C'est épouvantable! »

Elle se retourna vers la plage. Jack paraissait prêt à s élancer vers elle à la nage. Hughes le retenait par le pan de son habit. Frank agitait ses bras comme les ailes d'un moulin à vent et criait comme un perdu :

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