‹ Jack et JaneChapitre 41 sur 59 · LA PAUVRE JANE LIAIT S · texte numérisé non relu

LA PAUVRE JANE LIAIT S

UR LE PLBFiDE OCEAN,

UNE IMI'RUDENCI-:.

ce Tenez-vous bien. N'ayez pas peur! Revencz-vite! »

Cette recommandation était par trop risible. Malgré sa terreur , Jane partit d'un éclat de rire nerveux.

« Après quoi voulez-vous que je me tienne? criat-elle à son tour. Il n'y a rien! Et comment pourrais-je revenir sans rames? Je ne sais que faire et je ne sais pas où je vais! » continua-t-elle d'un ton de désolation.

Jack se débarrassa de l'étreinte de Hughes, et voyant qu'il n'y avait rien d'autre à faire que d'aller chercher du secours, il gri nipa le long de la falaise comme un chasseur de chamois. Frank le suivit, mais auparavant il dit à Jane, en se faisant un porte-voix de ses deux mains :

« Ne craignez rien, Jane, il n'y a pas de danger. Nous allons nous mettre à votre recherche avec des bateaux. »

Le jeune Hughes, lui, s'assit avec calme et adressa de loin à la fugitive les conseils suivants :

k Serrez la voile !... Allez toujours! Ne vous arrêtez pas à Mali fax. Quand vous serez arrivée en Angleterre, vous ferez nos compliments à la reine Victoria!... Si vous avez besoin de provisions de bouche, vous trouverez une pomme et un morceau de sucre dans la poche -de mon pardessus!,.. Bon voyage!;*, »

Bientôt le bruit des vagues couvrit le son de sa voix, et la barque, entraînée par le courant, fut séparée de Hughes par une pointe de rochers. La pauvre Jane était toute seule sur le perfide océan! Elle tourna le dos à la pleine mer et regarda fixement la plage. Jamais elle ne lui avait paru si belle, si riante et si verte. La-haut, le long de la falaise, s'étendait la foret de sapins où devaient être à ce moment les heureux promeneurs qu'elle connaissait.

(c Gertrude et Mary pensent-elles à moi? se dit-elle. Elles ne se doutent guère du danger que je cours! »

Là-bas, étaient les cabines de bains, les maisons de Belle-Plage et le bateau de Jane sur le rivage. Que n'y était-elle encore!

Çix et la, des artistes peignaient ou dessinaient, mais ils ne voyaient pas la petite barque de Jane, et ils ne l'entendaient pas crier : An secours!

• A un certain moment, elle passa tout près d'un vieux monsieur qui péchait à la ligne en compagnie de son chien. Jane se leva, agita son mouchoir comme un drapeau, cria de manière à s'enrouer. Ce fut en vain. Le vieux monsieur ne bougea pus. Son chien seul poussa un hurlement dérisoire^ suivant Jane*

Les minutes se passaient. Et qu'elles étaient longues, ces minutes! Personne ne venait. Ni Frank ni Jack n'apparaissaient avec leur bateau promis. Jane allait sortir de la baie; les vagues devenaient plus fortes, le rivage plus éloigné. Elle interrogea vainement l'horizon : la plage était déserte. On avait oublié Jane. Elle était perdue, perdue!..,

« Vais-je donc mourir ici! s'écria-t-elle, désespérée. Hélas! hélas pourquoi suis-je venue? Pourquoi ai-je quitté ma petite maison dans le sable! Pourquoi ai-je désobéi!... Que dira maman en apprenant ma mort!... On fera peut-cire des vers sur moi comme on en a fait sur cette pauvre jeune fille qui s'est noyée l'année dernière en se baignant. Oh ! je ne veux pas mourir! être noyée comme elle ! Je ne veux pas ! Je ne veux pas ! . . *

La pauvre petite éclata en sanglots. Dans son désespoir, il lui vint une pensée :

r NE IMPRUDENCE

« Quand on est clans un grand danger, se dit-elle^ on invoque Dieu. »

Elle se laissa tomber à genoux: et fit la prière la plus ferwnte i| n'ellu eut jamais faite. Quand elle eut fini, elle se sentit consolée. Elle se releva, essuya ses yeux aveuglés par les larmes, et regarda dé nouveau autour d'elle. 0 bonheur! À quelques mètres de là était une barque de pécheur, et elle voyait le pécheur lui-même jeter ses filets.

« Holà! holà! eria-t-elle. Venez à mon secours. Je suis perdue. Je ne peux pas revenir, lia nie nez-mot à Belle- Plage, je vous en supplie ! »

Le pécheur la prit probablement pour une sirène. 11 la regarda d'un air aussi surpris, que s il se fût attendu à voir sa tête brune supportée par une queue de poisson,

« Je vous en prie, répéta Jane. Ha menez-moi. Ne vous inquiétez pas de votre poisson, on vou9 récompensera de votre peine. Mes amis doivent être si inquiets!

— Aoiisêtes perdue, ma petite demoiselle, lui dit enfin le pécheur. IN ayez pas peur. Vous serez bien vite là-bas. »

En quelques coups de rames, il fut près d élie. Il prit son bateau â la remorque et la déposa elle-même dans sa barque au milieu des homards et des langoustes,

Jane n'avait pas peur de tous ces crustacés aux grosses pinces. Elle était trop heureuse de se sentir hors de danger pour s'inquiéter de tout autre chose, mais elle était brisée par toutes ces émotions et pouvait à peine parler. Elle rencontra bientôt Jack et Frank qui venaient à sa recherche avec deux bateaux. Ils étaient très inquiets de

leur petite amie et se faisaient mille reproches de leur étourderie. Quand ils retrouvèrent Jane si pâle et si épuisée, ils eurent peut-être encore plus de remords et ne cessèrent de lui demander pardon.

Tout le monde était en émoi à Belle-Plage. On croyait Jane perdue, et on accueillit son retour par des cris de joie. Elle était trop abattue pour y répondre autrement que par un sourire, et elle fondit en larmes en se jeianl au cou de Mme Minot qui était dans une inquiétude facile à concevoir.

Elle eut la lièvre toute la nuit. Ce ne fut rien heureusement, et le lendemain elle était guérie; niais elle n'oublia pas le danger qu'elle avait couru, et quoique Mme Minot s'abstînt de lui faire des reproches, la leçon lui profita. Jusqu'à la fin de son séjour, elle fut un modèle d'obéissance.

CHAPITRK XXI

UN JOUR DE FÊTE

« Oh! quel malheur, s'écria Jack un beau malin en se promenant sur la plage avec Jane. Nous n avons plus que huit jours à rester à Belle-Plage!

— Le temps a passé trop vite, dit Jane en soupirant. Si maman était la, je ne me consolerais pas de partir. Je voudrais pouvoir rester ici encore deux: mois.

— Et moi aussi, reprit Jack, Charlev est si gentil que je le regretterai souvent.

— Je regretterai aussi Mary et Gertrude, mais il faut être raisonnable; nous aurons eu six semaines de « bon temps, » c'est déjà bien beau.

— Cela vous a fait joliment de bien, dit Jark en s'anf tant pour mieux contempler les joues roses de son amie,

— C'est à cause de cela que je suis moins désolée de rentrer à I la r m on y. Je ne serai plus clouée à la chambre comme avant de partir. Vous ne pouvez pas vous figurer comme je suis contente de penser au bonheur de maman, quand elle me reverra presque guérie!

— Il est de fait que c'est à ne pas vous reconnaître.

— Et puis je vais pouvoir enfin embrasser maman et

Merry et Molly !. . . Pensez donc, Jack, il y a cinq grandes semaines que je ne les ai vues. Somme toute, quoique je m'amuse beaucoup, je ne voudrais pas rester ici un jour de plus que nous ne devons y rester.

— (Test Molly qui serait contente si elle était ici aujourd'hui, » dit Jack d'un air bizarre.

C'était fête à Beîle-PIage. On célébrait l'anniversaire de la fondation des bains. Il devait y avoir des régates, des courses et des jeux de toutes sortes dans la journée. Le soir, grand bal et illuminations. Il y aurait aflluence de spectateurs^ et tout le monde était en émoi, surtout les entants*

Jane soupira en répondant, à Jack :

« Je donnerais je ne sais quoi pour que Molly fut ici. J avais bien envie de demander a votre mère de l'inviter; mais elle est si bonne pour moi que je n'ai pas voulu lui demander encore quelque chose. Elle me gâte lant qu'il me semble presque que je suis votre vraie sœur*

— Vous savez bi en que vous êtes aussi réellement ma petite sœur que si nous avions eu le même père et la même mère, s'écria Jack en serrant le bras qu'il tenait fous le sien. Maman vous aime autant que nous, mais nous n'en sommes pas jaloux, allez ! , .* Nous voilà arrivés a votre maison. Reposez-vous. »

Jack l'installa confortablement et. se disposa à aller rejoindre son frère, qui se promenait non loin de là.

« Je vous laisse, lui dit-il ; mais ne sortez pas de votre bateau, car je ne saurais plus où vous retrouver,

— N'ayez crainte, répondit Jane, Je ne ferais pas un pas seule pour un empire. Ma désobéissance de l'autre jour m'a coûté trop cber. Il n'y a pas de danger que Ton m'y reprenne.

UN JOUR DE FÊTE

2tb

— Ne me parlez plus de cela, décria Jack, car nous avons eu encore plus de torts que vous dans cette affaire. Pauvre Jane,, me suis-je assez reproché de vous avoir causé tant d'angoisses!

— A vrai dire, vous n'étiez pas plus à votre aise que moi, fît Jane en riant.

— Je vous en réponds!*.. Je me sauve, maintenant. Qu'allez-vous faire?

— Je vais finir ma boîte de coquillages puur Molly.

C'est sa fête jeudi. Je n'ai que le temps de me dépêcher. »

Jack sourit, cligna des yeux et partit en courant comme s'il eût eu peur de laisser échapper un secret.

Jane travailla avec tant d'ardeur que le bateau à vapeur arriva au moment où elle mettait en place sa dernière coquille rose. Elle posa sa boîte au soleil sur le sable pour la faire sécher, et elle se pencha en dehors de son nid pour voir débarquer les passagers.

Il y en avait beaucoup à cause de la fête. Parents, enfants, jeunes gens et bébés, tout le monde était endimanché.

« Aoila un petit garçon qui ressemble à Boo comme deux gouttes d'eau, » se dit Jane en voyant sortir du bateau un enfant qui ressemblait en effet à Boo d'une manière frappante.

Le petit garçon tenait d'une main un seau de bois et une pelle; de l'autre il s'accrochait après la jupe d'une jeune fille. Cette dernière tournait le dos à Jane. Par quel hasard ces grandes nattes brunes retenues par un ruban bleu, celte robe grise et cette ombrelle bleue étaient-elles si familières à Jane?

JACK ï;T JANiï

te II est impossible que ce soit Molly, pensa-t-elle; mais comme elle lui ressemble! »

La jeune fille se retourna, Jane put voir sa figure. Elle poussa un cri de joie et s'élança hors de son bateau en criant ;

« C'est elle, c'est Molly! »

À ce cri en répondit un autre* La jeune fille courut à la rencontre de Jane avec une telle précipitation qu'elle en laissa tomber son chapeau , son ombrelle et jusqu'à son petit frère, qui ne s'attendait pas à cette course folle.

Il n'y avait pas de doute à avoir : c'était bien Molly.

Les deux amies se jetèrent au cou Tune de l'autre.

» Oh! chérie mignonne, s'écria Jane. D'où venez-vous?

— Mine Minot m'a invitée ainsi que Boo, répondit Molly, ,,

— Que je suis donc contente de vous voir! Est-ce bien vrai que c'est vous et non pas quelqu'un d'autre?,.. »

Les embrassades recommencèrent de plus belle, « Quelle mine merveilleuse vous avez! s'écria Molly Vous voila presque guérie!

— Ilesterez-vous longtemps? demanda Jane sans répondre.

— Jusqu'à votre départ : nous reviendrons ensemble.

— Oh! quel bonheur! Venez vite dans ma maison. J'ai toutes sortes de choses à vous montrer et à vous raconter.

— Tout à The are, répondit Molly en riant. Il faut d'abord que j'aille ramasser Mon et toutes mes affaires En vous voyant je n'ai plus pensé qu'à vous embrasser au plus vite et j'ai tout laissé tomber sur mon chemin. »

Mme Minot et ses fils avaient déjà relevé et consolé lïoo et retrouvé le chapeau et l'ombrelle de Molly. Jane

LES DEUX À Ml ES SE JETÈRENT AU COU L^UNE DE L'AUTRE.

UN JOUR DE FÊTE

remercia Mme Minot de sa bonne surprise et conduisit Molly en triomphe clans sa demeure sur la plage.

Molly s'extasia devant le bateau, la boîte finie si juste à temps, et tout ce que Jane lui faisait admirer. Les deux amies seraient volontiers restées là à causer jusqu'au soir d'Harmony et de Belle-Plage, et de leurs connaissances anciennes et nouvelles, si l'heure du bain ne fût arrivée,

Molly nageait comme un poisson; elle se couvrit de gloire en plongeant plus longtemps que tous les autres baigneurs, et lloo apprit à faire la planche en un clin d'oeil. Il était si gros qu'il surnageait et qu'il n'eût pas pu enfoncer, avec la meilleure volonté du monde.

Quant à Jane, elle resta couchée sur le sable chaud après avoir pris son bain, et les prouesses de Molly et de lioo la firent rire aux larmes,

Après le dîner, nos deux amies, nonchalamment étendues dans le bateau de Jane, assistèrent aux régates sans se déranger. Les courses des bateaux à rames les intéressaient seules, Charley et Frank concouraient; elles étaient sûres qu'ils gagneraient. En effet, ils arrivèrent les premiers. Elles applaudirent avec frénésie. Le prix n'avait pourtant qu'une valeur bien minime, mais Frank et Charlev étaient aussi fiers l'un que l'autre de leurs succès.

II y eut ensuite un concours de tir à l'are. Les dames y étaient admises. Tons les tireurs étaient en uniforme blanc et vert. (Vêtait i harmant. Le vainqueur fut une belle demoiselle aux cheveux d'or; mais, comme nos amis ne la connaissaient pas, cela ne les intéressait que fort médiocrement. Ils laissèrent les joueurs de paume se livrer à leurs exercices et rentrèrent s'habiller. Il devait y avoir un grand bal le soir à l'hôtel, et, pour les petites filles, le

JACK ET JANI-:

bal, le feu d'artifice et les illuminations étaient ce qu'il y avait tic plus attrayant dans le programme de la fête.

Molly mit sa robe de tarlatane bleue; Jane sa robe blanche avec des nœuds rouges. Elle ne pouvait pas danser; mais, loin de s'en plaindre ou d'être maussade, elle s'absorba dans la joie de son amie, ce qui la rendit aussi heureuse que si elle eût pu prendre sa part du plaisir.

C'est une méthode excellente et qu'on ne saurait trop appliquer,

« Puisque je ne danse pas, dit Jane aux jeunes gens qu'elle connaissait, tous ceux d'entre vous qui m'aura i e n t invitée seront tenus d'inviter Molly à ma place, »

Grâce à elle, Molly ne manqua pas une danse. Elle semblait un petit papillon bleu tournoyant et tourbillonnant dans les valses et les polkas, et, dans les moments de repos, elle revenait dire à Jane tout ce qu'elle avait vu ou entendu,

A neuf heures, les maisons pavoisées furent illuminées ; les arbres étaient parsemés de rangées de lampions de couleur, et les bateaux, de lanternes vénitiennes. Mme Cox emmena Jane dans une voiture découverte pour qu'elle pût tout vok sans se fatiguer. La petite fille croyait lever. Ce fut bien autre chose quand on tira le feu d'artifice sur mer. Les feux de bengale ixmges ou verts, les soleils et les chandelles romaines éclairaient la baie comme des mvriades d'étoiles de couleur.

Jane, émerveillée, ne pouvait se rassasier de ce spectacle,

II fallut rentrer cependant. Tout a une fin en ce inonde, même les choses les meilleures et les moments les plus doux.

Jane et Molly étaient trop excitées pour s'endormir ; les

UN JOUR DE FETE

bruits de la fête arrivaient jusqu'à elles, et elles causèrent longtemps, la tête sur l'oreiller et les bras entrelacés. Petit à petit, leur conversation devint moins animée, et elles fermèrent enfin les yeux. Mais, au beau milieu de la nuit, Môlly fut réveillée assez désagréablement par sa compagne de lit qui lui tirait les cheveux. Jane avait rêvé qu'elle se noyait, et elle s'accrochait, désespérée, aux longues nattes de Molly, Quels rires joyeux, éclatèrent dans leur chambre à ce moment, et surtout le lendemain matin! Leur gaieté était si franche, leurs rires si contagieux, que les enfants qui habitaient dans l'hôtel déclarèrent k l'unanimité que l'amie de Jane était charmante* Cette dernière semaine de vacances fut une semaine de bonheur complet. Molly n'avait jamais de sa vie été si heureuse. C'étaient tous les jours de nouveaux plaisirs : des parties de pêches, des pique-nique, des charades en action, des danses, des visites d'adieu des baigneurs, qui avaient fini leur saison; des cadeaux perpétuels, des projets pour les années suivantes, et des serments d'amitié échangés entre des personnes qui ne se connaissaient pas un mois auparavant, et qui, selon toute probabilité, ne se reverraient jamais et s'oublieraient bientôt.

Le jour du départ arriva trop tôt au gré de chacun. La famille Bacon partait d'un côté avec le jeune Hughes et sa mère. L'omnibus de l'hôtel était surchargé de bagages. Les roues du vélocipède apparaissaient clans un coin; le jeu de crocket dans un autre, Walter, Hughes et Mary avaient la tête à la portière; ils criaient des adieu et des au revoir à n'en plus finir. Ils allaient prendre le chemin de fer- Nos amis et la famille Cox partaient par le bateau à

vapeur. Au dernier moment, Harry et Boo furent introuvables. On courut partout; on les chercha de tous les entés. On les croyait déjà perdus, noyés, que sais-je ! Molly ne savait plus où donner de la té te. Enfin on retrouva les fugitifs en train dépêcher. Ils avaient découvert un poulpe mort et ils l'amenaient en triomphe dans leur brouette.

« Oh! nous avons eu bien de la peine à l'attraper, » dirent les deux coupables, qui n'avaient pas douze ans ii eux deux.

Z avais toujours eu envie d'une baleine, dit Boo en se redressant. Voyez, comme elle est belle!

■ — Que voulez-vous faire de cela, mes enfants? leur demanda Mme Got f

— Le mettre dans du papier et l'emporter pour zouer a la maison, répondit Harry. »

C'était une illusion qu'on leur enleva bientôt. On jeta le poulpe ii la mer, au grand désespoir des bébés, et on les hissa sur le bateau sans s'inquiéter de leurs pleurs et de leurs grincements de dents.

Boo se calma le premier. Il tira de sa poche une demidouzaine de crabes vivants, et tant de coquillages et de galets, que Frank comprit pourquoi il l'avait trouvé si lourd en le rapportant dans ses bras.

Ces charmants joujoux adoucirent les chagrins de Boo et de Harry, lis jouèrent très sagement sur le pont du bateau, pendant que leurs frères et sœurs et leurs mères elles-mêmes, formaient le projet de se retrouver l'été suivant à Bel le- PI âge.

En attendant, Cbarley et Jack, Jane et Gertnide, se promettaient de s'écrire très souvent. Je ne sais si la promesse fut tenue, mais elle fut faite de bonne foi.

Page 1