‹ Jack et JaneChapitre 5 sur 59 · DEUX PÉNITENTS · texte numérisé non relu

DEUX PÉNITENTS

mois de janvier! Que j'ai donc été bête! Les dégringolades sont toujours dangereuses, mais aussi c'est là qu T est le plaisir. Ah!

' Jack étendit les bras, poussa un long soupir et fronça le sourcil. 11 ne disait pas un mot de la petite entêtée qui rayait mis dans ce triste état, car il avait trop de délicatesse pour vouloir se plaindre de sa petite amie, mais il lui en coûtait un peu de garder le silence. L'estime de sa mére lui était très précieuse, et il aurait voulu pouvoir lui expliquer tout, Elle n "ignorai L rien cependant de ce qui s'était passé, Jane s'était accusée hautement devant elle, et Mme Mi nul a vait sans peine deviné la vérité. Aussi mit-elle aussitôt l'esprit de son (ils en repos en lui disant doucement :

« Ce n'était pas un bien grand plaisir, comme vous I avez vu, mon cher enfant. Une autre l'ois, soyez plus ferme et aidez Jane a cuinbaltre sa prnpiv Ouand vous ain e/, appris à lui céder un peu moins et qu'elle saura vous céder un peu plus, il ne se passera plus rien de semblable. Vous savez que nous soutirons tous de ce qui est arrivé.

— Je m'en souviendrai, mére. Je voudrais ne jamais rien refuser à personne, mais je vois bien que j'aurais épargné bien des peines à Jane comme à moi, si je lui avais dit non. Je l'ai un peu essayé, mais elle y tenait. Pauvre Jane, je prendrai mieux soin d'elle une autre fois. Est-elle bien malade, maman*!'

— Je ne puis encore vous le dire. On ne le saura que plus tard. Elle ne souffre pas beaucoup, il faut espérer que ce ne sera pas très grave.

— Si elle avait seulement une jolie chambre comme

celle-ci! Ce doit être bien triste d'être malade dans leur pauvre demeure, dit Jack en laissant errer son regard autour de lui.

— Je veillerai à ce qu'elle ne manque de rien ; ne vous en tourmentez pas et tâchez de dormir, c'est là ce qui vous est le plus nécessaire, »

lime Minot lui mit de la glace sur le front et Tévenla doucement, Il ferma les yeux et resta si tranquille que sa mère crut qu'il s'endormait. Tout à coup elle vit glisser une larme sur sajoue enfiévrée.

« Qu'as-tu, mon chéri? » lui demanda- t-elle.

Les yeux bleus de Jack s'ouvrirent tout grands, et il sourit de son bon sourire habituel malgré les larmes qui coulaient encore.

« Tout le monde est si bon pour moi que je ne peux pas m empêcher de faire le petit nigaud.

— Ne soyez pas trop sévère pour vous, mon cher fils, vous avez été très courageux jusqu'ici, et c'est la réaction inévitable de votre effort qui vous fait faiblir un instant. L'un des meilleurs résultats du chagrin et de la souffrance est de nous apprendre combien nous sommes aimés. Cette leçon que vous avez apprise aujourd'hui, ne l'oubliez pas, petit Jack.

— Comment pourrais- je jamais l'oublier, quand vous savez si bien me montrer combien il est doux d'être plaint et gâté? Embrassez-moi, mère, et, ainsi que le dit Jane, je serai sage comme une image. »

Jack posa sa tête sur la main de sa mère, et resta immobile jusqu'à ce que, bercé par la musique de son camarade, il s endormi l de ce sommeil calme et réparateur avec lequel la nature guérit les corps et les âmes malades.

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