‹ Jacme I, le conquérant, roi d'après les chroniques et les documents inéditsChapitre 108 sur 183 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Organisation des pays aragonais. — La maison du roi. — Les grands dignitaires de la couronne. — Système d'administration. — Lieutenants ou procurateurs géniaux. — Institutions municipales de Saragosse, Perpignan, Barcelone, Valence et Mayorque. — Régime financier ; impôts. — Agriculture, ir.djstrie cl commerce. — Vues de Jacme s .r la Sardaigne. — Missions commerciales. — Relations avec l'Égypte etîes Étals barbaresques. — Consuls à l'étranger, consuls de mer et consuls sur mer. — Lois maritimes; les Costumes de lamar. — Monnaies; tauxmonnayeurs. — Les arts, les lettres et les sciences. — ïv.Torts du roi pour créer une langue nationale. — Idiomes en usage dans les États d'Aragon. — Jacme écrivain : la Chronique, le Libre de la savicsa, les Furs. — Les troubadours. — Les pj tes catalans. — Université de Lénda. — École de Valence. — Écoles Je Montpellier. — Théologiens, philosophes et savants : frère Paul, Ramon Martin, Ramon de Penyafort, Vital de Canelas, Ramon Lui], Arnaud de V'illene^v. — Prospéiité générale des pays aragonais.

A sod retour dans la Péninsule, le roi d'Aragon, en paix avec ses voisins et avec la noblesse, put s'occuper exclusivement de l'organisation de ses États et de la prospérité de ses peuples. Un demi-siècle de luttes semblait lui avoir acquis le droit de se consacrer sans partage aux travaux de la paix; mais deux ans s'étaient à peine écoulés que des préoccupations graves et douloureuses venaient troubler ce repos fécond, sans détourner cependant le Conquistador de l'œuvre de civilisation qu'il avait toujours regardée comme le but principal desa vie.

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Nous allons profiter de la trop courte période de calme qui s'étend des derniers mois de 1269 aux premiers de 1272, pour compléter ce que nous avons à dire de la situation intérieure des pays aragonais au temps de Jacme T, et pour nous rendre compte des progrès de tout genre réalisés sous ce règne.

Nous connaissons le jeu des grandes institutions politiques et judiciaires ; la royauté et la nation se sont montrées à nous dans leurs rapports de chaque jour; nous avons pu apprécier les forces dont dispose la première, les éléments qui composent la seconde; nous les avons suivies l'une et l'autre dans les camps, dans les tribunaux, dans les assemblées politiques 4 ; il nous reste à jeter un coupd'œil sur l'ensemble de l'organisation administrative, — s'il est permis d'appliquercette expression moderne au mécanisme confus d'un gouvernement du XIIIe siècle, — à voir comment le pouvoir central exerce son action, d'une manière souvent fort indirecte, sur la masse des citoyens, et favorise le développement moral, intellectuel et matériel de la nation.

Dans cette esquisse trouveront place l'administration des finances, lesinstitutions municipales, le commerce, l'industrie, l'agriculture, les arts, les sciences elles lettres.

Au centre de la machine gouvernementale, comme moteur et surtout comme régulateur, se trouve le roi, entouré d'une cour où la physionomie propre au régime monarchique pur commence à se dessiner sur le fond

4 Ce que nous avons dit des cortès d'Aragon et des corts de Catalogne eu plusieurs endroits de cet ouvragé suffit pour faire conoaUr» leur composition et leur manière de procéder sous le régne de Jacmc I". A cette époque, les sessions de ces assemblées n'élaieiii pas encore soumises au cérémonial minutieux que Biaocas a décrit dans son livre intitulé : Modo de procéder en cortes de Aragon.

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