‹ Jacopo Della QuerciaChapitre 31 sur 49 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

N a dit de Jacopo della Quercia qu'il eut un seul éléve qui se fit attendre cent ans : Michel-Ange. Ce nest peut-étre qu'une figure de rhétorique. La phrase contient en tout cas une inexactitude et une exagération.

Une inexactitude, car si Jacopo ne constitua pas une école proprement dite, son influence ne laissa pas de se faire vivement sentir sur ses contemporains. M. A. Venturi en a relevé les traces en Emilie. Elles sont bien plus apparentes & Sienne méme.

Les sculpteurs siennois du xv‘ siécle se divisent en deux groupes assez nettement tranchés. L’un, quine rentre pas dans le cadre de ce livre, a pour chef Lorenzo Vecchietta et dépend pour les idées et pour la technique de Donatello. Comme le grand maitre florentin, selon ses moyens et son tempérament, Vecchietta fait du réalisme analytique. Il s’applique 4 modeler des statues fouillées

dans le détail, suivant de prés la nature et n’arrivant au style que

par le choix judicieux des modéles. Pour animer une semblable conception, il faut le génie de Donatello, son don admirable de sentir la vie sous toutes ses formes, cette force créatrice unique qui lui permet de donner aux vérités particuliéres une telle intensité qu’elles en arrivent au type. Vecchietta est bien loin d’atteindre cette formidable envergure. C’est un bon sculpteur de deuxiéme rang, sans plus, qui pare la forme humaine de cette grace et de cette tendresse siennoises dont Duccio avait découvert l’expression. Son Christ du Déme, ses deux Saints de la Loggia di Mercanzia — qui remplacérent sans doute les statues commandées A Jacopo della Quercia et non exécutées —, quelques ceuvres disséminées dans les églises siennoises et les collections italiennes constituent toute la production sculpturale de Vecchietta. I] laissa également plusieurs peintures, tableaux et fresques, sans dépasser jamais les qualités d’un petit maitre.

On pourrait presque caractériser par les mémes mots deux autres artistes du méme groupe, Francesco di Giorgio, qui fut aussi peintre et architecte, et Giacomo Cozzarelli, l’auteur des torchéres du Palazzo del Magnifico a4 Sienne, un des joyaux de I’art décoratif du Quattrocento.

La critique rattache a Jacopo della Quercia un second groupe de sculpteurs siennois, composé de Turino di Sano, .Giovanni di Turino, son fils, Federighi et Neroccio, auxquels il faut joindre les auteurs inconnus de nombreux stucs, terres cuites et bois sculptés épars dans les églises de Sienne et de la province ou dans les collections particuliéres.

En verité, l’art de Jacopo della Quercia n’est pas de ceux qui s enseignent et qui peuvent faire école au sens propre du mot. Ce qui constitue sa haute valeur, ce ne sont point tant des procédés d’exécution, une facon particuliére d’interpréter la nature, mais c'est surtout le don d’exprimer la vie intérieure. I] faut d’abord la

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