SCÈNE V
Les chevaliers portent une grande cape noire, une armure de guerre sous leur cape; un cygne en argent est attaché à un collier de même métal. Ils ont en main un hdton hlanc gros et court. — La salade en tête , une plume rouge sur l'oreille droite.
LE COMTE
Chevaliers, je comprends votre impatience, et je la partage : si rien ne vous arrête, nous partirons.
Montrant l'Etranger.
Un de nos frères de France est venu nous rejoindre cette nuit. Sa bravoure m'est connue, je l'ai vu dans plusieurs entreprises d'où il est sorti à la gloire de notre ordre.
L'ETRANGER, s' approchant dea chevaliers.
Messires , je bénirai le ciel s'il me donne les moyens de rivaliser dignement avec votre renommée : la valeur des chevaliers de Flandre et de Brabant est honorée par toute la chrétienté.
TJN CHEVALIER.
Soyez le bien-venu, messire.
Au Comte.
Mais, avant de nous mettre en route, notre nouveau frère n'ayant pas prêté hier soir le serment d'usage, ne doit-il pas remplir cette formalité, monseigneur?
LE COMTE
Sans doute. — Chevalier , vous n'ignorez pas que c'est un usage établi par les statuts de notre ordre, qu'avant d'entrer dans ime ville étrangère tous les chevaliers jurent, au nom de Dieu et des saints , qu'ils n'ont point porté la main sur un homme de l'église, ni causé dommage à l'hôte dont ils ont reçu logement ou nourriture; ils jurent qu'ils ne troubleront point l'hôte chez lequel ils se rendent, et qu'ils veilleront à la paix et sûreté des ministres de l'église.
L'ÉTRANGER, bas au Comte.
Cela ne se peut pas! Je ne prêterai point ce serment.
LE COMTE , de même.
Il le faut ! je ne puis vous en dispenser.