ACTE II, SCENE IX
mon bras, quand je pouvais l'atteindre de mon souffle brûlant !
uiperccvant Jacqueline , il court à elle, met un genou en terre, et dit en joignaiit les mains.
—Oh! VOUS pleurez ! votre ame est blessée, n'est-ce pas?...
Jacqueline s'est levée vivement ^ elle le regarde avec hésitation et effroi , et recule à mesure qu'il s'avance.
N'est-ce pas, cet homme a froissé votre cœur!... Cet effroi... Quels regards! la peur est sur votre visage... Vous reculez , c'est donc moi?... parlez !
JACQUELINE , agitée et montrant du doigt.
Gui... sur ce front je vois... je vois de sinistres accusations...
BORSELLE, avec égarement et mettant un doigt sur son front.
Regardez bien!... là... ces veines gonflées, ces lignes entrechoquées...
JACQUELINE , avec effroi.
Éloignez-vous !
BOKSELLE.
C'est le meurtre, n'est-ce pas?
Descendant la scène.
Eh bien, oui! le Prévôt e?t tombé sous mes coups, c'était votre ennemi ! Je l'ai frappé , je les frapperai tous !
JACQUELINE , revenant vers lui.
Comment l'entendez-vous ? grand Dieu! Est-ce que ma cause est si désespérée, que je doive recourir à la trahison !
BORSELLE.
Je les frapperai tous !
JACQUELINE , continuant.
Lorsque je puis réunir autour de moi une armée de
nobles chevaliers, et combattre mes ennemis face à face, tuer dans l'ombre, c'est déshonneiar pour ma cause, entendez-vous! Mais tuer un prêtre! un vieillard sans force, qu'un haubert eût écrasé, que le bruit d'une arquebuse eût fait évanouir!
BORSELLE , penclatif ce temps, cherchant à l'interrompre.
Madame... — Madame...
JACQUELINE , continuant.
Vous!... Je vous croyais fier et courageux! Je me suis trompée.... vous n'avez point de cœur !...
BORSELLE , avec un vri étouffé et couvrant son visage de ses mains.
Ah ! ! — ma tête ! !... —
Laissant retomber les bras et débitant lentcmetit.
Un lâche... perdu d'honneur !... Vous ne voulez plus de mes services maintenant!...
Je les repousse avec dédain.
Pour moi... ni confiance , ni pitié !... du mépris ! !...
JACQUELINE , froidement.
Du mépris.
BORSELLE.
J'avais tout bravé, tout supporté pour elle ! l'exil, le déshonneur , le crime !...
Souriant.
J'étais bien malheureux ! bien pauvrement inspiré I... un vieillard !... un bras défaillant! un cœur presque froid! une vie près de s'éteindre ! — Ah! je me prends en pitié !...