ACTE II, SCÈNE IX
C'est assez, j'ai besoin d'être seule, votre présence m'est importune.
BORSELLE.
Écoutez !
On entend claquer les houssines , hennir les chevaux et aboyer la meute.
Un bruit de chevaux et de valets... la chasse va passer!
Je le permets, ghssez-vous parmi les seigneurs, vous pourrez échapper au châtiment qui vous menace.
Elle s'approche de la rampe du fond.
Les voici !
Le prince de Glocester est avec eux ! le prince de Glocester !... tournez vers lui un regard qui flatte et caresse, après m'avoir déchiré et torturé , moi ! n'est-ce pas ?
JACQUELINE , au fond parlant à la cantonade.
Prince de Glocester, il vous manque un oiseau de proie. — Allez, Assan , portez au prince...
BORSELLE.
Il a saisi l'oiseau au moment où la page s'est avancé ^ et l'a jeté étranglé sur le parquet.
Non!!
JACQUELINE , avec un cri.
Cruauté!.... ceci est une injure personnelle! Sortez! sortez !
BORSELLE , qui s'est élancé au haut du perron.
A moi... les hommes de garde!...
LE CAPITAINE , j)(^i'cissant sur l'escalier avec les piquiers.
Que voulez- vous ?...
BORSELLE.
Le meurtrier du prévôt de Caudenberg... c'est moi !
Mouvement. Les piquiers s'élaticenf sur la scène et entourent
Borselle .
Arrêtez ! — Je suis dans un palais souverain , j'ai droit d'asile !... D'ailleurs , voici un sauf-conduit avec le sceau de Monseigneur. Il est valable pour trois jours! — Mais, entendons- nous ! on vous a promis centécus d'or pour ma tête? sacrifiez la moitié de la somme, promettez de faire dire des prières pour l'ame du Prévôt... et je me livre.
LE CAPITAINE
J'y consens.
Jurez-le.
BORSELLE.
LE CAPITAINE
Je tiendrai ma promesse au prix de mon salut.
BORSELLE , déchirant le sauf-conduit et le jetant aux pieds de Jacqueline.
Je tiens la mienne au prix de mon sang !
Il se livre. — Jacqueline tombe affaissée sur le banc de pierre.