‹ Jacqueline de Bavière; drame en cinq actesChapitre 69 sur 113 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

BORSELLE, SIMONET.

Borselle, sur le devant de la scène, assis sur un banc depieure, enveloppé d'une cape blanche. Simonet au fond , à genoux , le visage tourné vers la gauche , priant devant la niche. Il est enveloppé d'une cape noire.

BORSELLE.

Un mois !... ce temps a passé comme le glaive de l'archange... il a laissé sur nos têtes un sillon de feu... sous nos pieds, des ruines et des cendres. — Jacqueline! de si cruels revers pour un si noble courage ! Philippe de Bourgogne ! un bonheur si constant pour une si lâche usurpation!... En y songeant, on se prend à douter si la justice n'est pas le rêve d'un esprit timide , et si les hommes ne sont pas fous de combattre leurs penchans et d'enchaîner leurs actions, quand il n'y a ni châtiment à craindre, ni récompense à espérer !

SIMONET, priant.

Dieu de miséricorde, Israël espère en vous, mon ame glorifie le seigneur...

BORSELLE.

Simonet !

SIMONET, se levant.

Est-ce que vous m'avez appelé , maître ?

BORSELLE.

Vois-tu venir les Compagnons bleus?

SIMONET

J'avais cru distinguer un homme derrière ces piliers...

BORSELLE.

Approche...

Simonet descend la scène.

As-tu VU le comte de Croy ?

SIMONET

Je suis allé l'attendre au palais de notre nouveau duc. Je lui ai fait votre message... il viendra.

BORSELLE.

Les autres viendront-ils ?

SIMONET

Ils seront ici à l'heure indiquée.

Quelle heure est-il maintenant?

Le bourdon de l'abbaye vient de sonner neuf heures.

BORSELLE.

Ils ne peuvent tarder.

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