‹ Jacqueline de Bavière; drame en cinq actesChapitre 77 sur 113 · ACTE IV, TABLEAU I, SCENE · texte numérisé non relu

ACTE IV, TABLEAU I, SCENE

BORSELLE , assis.

Pendant que Jacqueline luttait en Zélande contre ses oppresseurs, nous étions enchaînés ici par sa volonté. Maintenant la lutte est finie, le terme expiré , et Jacqueline vaincue! Mais, depuis un mois, trois grands événemens se sont accomplis : le Bavarois , le persécuteur de Jacqueline , est mort ! Le duc Jean , l'époux de Jacqueline... mort ! Et Philippe de Bourgogne, usurpateur des domaines de Jacqueline , règne sur nous. — Le ciel a fait justice des deux premiers, nous ferons justice du troisième!! — Chacun de vous est-il assuré de ses hommes ?

PELOU.

Les bouchers se sont mis franchement du complot : ils sont prêts à tout événement.

JEAN NOLLE.

J'ai toute une compagnie d'archers dont les flèches s'aiguisent en ce moment.

SIMONET

Les nations de Saint-Laurent et de Saint-Christophe sont pour nous. Il y a quelques jours , le duc de Bourgogne a fait grâce à l'un de ses officiers, malgré la condamnation du magistrat... Celte violation de nos privilèges a irrité la bourgeoisie. — Portons le grand coup , et nous verrons des Compagnons sortir de terre !

LAURENT

J'ai deux frères à venger! — Montrez-moi un Flamand ou un Bourguignon , et puissé-je arriver au ciel aussi sûrement que ma lame ira à son cœur ! BORSELLE.

Eh bien ! si l'ordre d'agir était donné , seriez-vous

prêts ?

PELOU , SIMOiNET, et plusieurs autres.

Nous le sommes tous !

BORSELLE.

Alors... avertissez vos compagnons.

PELOU.

Que leur dirons-nous?

BORSELLE , se /avant et d'une roix grave.

Qu'il faut que tous les bras se lèvent , et que toutes les épées sortent du fourreau !

PELOU.

Et les bras quand se lèveront-ils ? les épées quand frapperont-elles ?

BORSELLE , avec feu.

Cette nuit !

Tous se lèvent et se réunissent autour de Borselle.

Approchez tous !... Jacqueline est ici ! sa présence est le signal que nous attendions !

SIMONET, PELOU.

A la bonne heure ! !

BORSELLE.

Tout nous favorise!... Ecoutez ! — Cette nuit est l'anniversaire de celle où le père de Philippe de Bourgogne fut assassiné au pont de Montereau. Le duc, qui jusqu'à ce jour a négligé le soin de venger son père, a ordonné des prières expiatoires. Dans l'un des souterrains de l'abbaye de Saint- Jacques , un mausolée a été élevé par son ordre. C'est là qu'à minuit son chapelain doit dire l'office des morts. L'annonce en a été faite ; le duc de Bourgogne et ses conseillers y assisteront.

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