ACTE IV, TABLEAU I, SCÈNE
smONET.
Qu'ils entendent leurs funérailles !
BORSELLE.
Les chevaliers du Cygne et de la Toison-d'Or feront partie de la cour, et garderont le duc. Les chevaliers du Cygne! nous en serons! Enveloppés de leur cape, mêlonsnous parmi les seigneurs, soyons leurs compagnons!
JEAN NULLE , d'une voix sourde.
Compagnons... pour la vie !
Eii ce moment Jacqueline^ enveloppée d'un manteau, entre par la droite ; elle se tient derrière les Compagnons.
BORSELLE.
Maintenant , écoutez bien ! Il y a neuf coupables ; vous les connaissez. Nous serons en nombre égal , homme pour homme... A moi le duc ! — Tant <jue dureront les prières , que chaque Compagnon s'approche de sa victime jusqu'à portée du poignard. Qu'il se tienne à genoux , et recueilli jusqu'au moment de l'élévation. Mais aussitôt que vous entendrez sonner pour la première fois, levez-vous silencieusement, et que les têtes des vengeurs planent seules sur l'assemblée !... Restez immobiles au second coup; mais au troisième coup , plus d'arrière-pensée ! Imitez-moi ! frappez aux cris de Saint-Jacques et Bavière !
Tu t'empareras de la cloche d'alarme! et quand sonnera le tocsin , que ceux du dehors nous secondent ! — Enfans ! vous êtes résolus et satisfaits , n'est-ce pas? car il est venu, le moment que vous attendiez ! Le duc de Bourgogne et ses partisans renversés , la maison de Bavière se relève dans toute sa grandeur ! Le duc de Bedfort , qui commande en France, nous assure son appui , et l'Angleterre, au besoin, nous enverra une flotte ! Vous le voyez , les dispositions sont bien prises. Punition pour les coupables ! récom-
pense pour les justes! — Dieu le veut! il faut agir!
Frappez !