‹ Jacqueline de Bavière; drame en cinq actesChapitre 81 sur 113 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

JACQUELINE, BORSELLE.

Jacqueline revient vers Borselle qui s'élance au-devant d'elle. BORSELLE , lui prenant les mains avec amour.

C'est elle ! ?

Viens ! viens, toi , ami fidèle et dévoué !

BORSELLE.

J'allais mourir d'inquiétude et d'amour!

Oui , le malheur s'est posé entre nous , et nous a séparés !

BORSELLE.

La vengeance nous réunit ! car le ciel vous a cruellement éprouvée !

Vaincue!... tu me vois vaincue et humiliée ! BORSELLE.

Non pas , tant que j'existe !

Vaincue , te dis-je ! Et , vois-tu , ce qui est accablant , c'est qu'en y songeant bien, je m'accuse de ma défaite!

Oh!...

Oui , je le dis à loi , quand je ne devais songer qu'à venger mon père et toute ma race outragée... eh bien ! un souvenir amollissait ma haine... une pensée d'amour !... — Oh ! sais-tu bien ce que je crains , c'est d'avoir eu peur de la mortj de la mort qui devait être une séparation éternelle!... N'est-ce pas, si c'est par lâcheté que je me suis perdue, j'ai mérité la vengeance du ciel? BORSELLE.

Mais elles sont injustes ces craintes !... JACQUELINE.

En ce moment encore, oui, maintenant que nous voici

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