‹ Jacqueline de Bavière; drame en cinq actesChapitre 83 sur 113 · ACTE IV, TABLEAU I, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, TABLEAU I, SCÈNE V

Oui... c'est bien !

BORSELLE.

Mais venger ta race outragée, mais laver tes offenses dans le sang des coupables, c'est acheter mon droit de famille !

Bien!

BORSELLE.

C'est me faire à moi-même ma couronne ducale !

Bien ! bien ! — Plus noble que moi , tu l'es ! — Que mon cœur se déchire, si la nature est plus forte ! Mais , je le jure , l'homme que le ciel dans ses desseins a placé près de moi , l'homme qui vient de révéler tant de noblesse et de grandeur , ne sera pas condamné à un sort vulgaire ! — Borselle, maintenant c'est la fille de tes anciens maîtres qui ambitionne le titre de ton épouse !

BORSELLE , avec chaleur.

Mon épouse !

Sur le trône, à tes côtés,... je serai plus fière que si tu étais de race royale !

BORSELLE,

Mon épouse! Oh ! mon épouse adorée! Oui, que la bénédiction du ciel descende sur nos têtes avant que la foudre éclate !

Borselle... il y a dans l'abbaye un moine qui fut autrefois mon chapelain , il m'est dévoué : on l'appelle le frère

Arnold... Dans une heure, viens à la cellule du frère, viens! il nous unira!

BORSELLE.

Dans une heure!

Maintenant je te quitte, ta fiancée va t'attendre; et demain...

Demain , ma souveraine entendra de son trône les acclamations accoutumées! Elle retrouvera l'or et la pourpre autour d'elle ', elle reverra les seigneurs se disputer un regard de ses yeux, un sourire de ses lèvres : tout sera comme avant, rien n'aura changé I...

JACQUELINE, lui serrant les mains.

Je serai heureuse !

Elle sort par la droite.

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