ACTE I, SCENE IL
L'ÉTRANGER, lui serrant la main.
Ami, je te remercie; je vais me remettre en route. Un dernier verre ! — Une dernière question aussi. Savez-vous quel motif amène le comte de Croy dans cette hôtellerie?
SIMONET
Il vient à la rencontre des chevaliers du Cygne, dont il est commandeur et qu'il doit conduire au tournoi.
L'ÉTRANGER
Les fiers gentilshommes qui vont fêter un prince de Glocester !!
SLUONET.
Là n'est point le mal, messire, car le prince de Glocester se montre partisan de madame Jacqueline.
JEAN NULLE
J'ai entendu dire que le prince ne s'est arrêté si longtemps à Bruxelles que parce qu'il s'est épris des charmes delà duchesse.
SIMONET
Sambregoi! c'est un gentil et galant seigneur! imaginez qu'il a fait distribuer une pinte de vin et un sol parisis d'Artois à tous les hommes d'armes qui se trouvaient à Bruxelles à son arrivée. — Puisque tous les verres sont pleins vidons-les à la santé du prince !
L'ÉTRANGER, frappant du pied.
Téte-Dieu! laissez-là votre Glocester !
Un ami de la duchesse ?
L'ÉTRANGER se levant.
A la mort de ses ennemis !
// se rassied.
SIMONET
Il a raison ! à ceux-là la préférence. — Meurent les ennemis de madame Jacqueline !
Ils boivent tous.
SIMONET
Nous avons bu pour la communauté , mais il y a certains noms qui méritent une mention particulière.
JEAN NOLLE.
Il dit bien !
L'ÉTRANGER
Le duc Jean ?
Les regardant.
Votre duc d'abord !
Simonet met un doigt sur la bouche et regarde autour de lui. SIMONET, à voix basse.
Celui dont je n'ai pas dit le nom tout à l'heure...
Plus haut.
et ses trois confidens.
JEAN NULLE
Que le feu du ciel les dévore!
Et les ennemis de Zélande...
L'ÉTRANGER
Le Bavarois !
SIMONET
Le vieux Borselle et ses fils.
L'ÉTRANGER , vivement.
Borselle !... vous voulez parler de Floris de Borselle... Ne prononcez pas ce nom !... Laissons cela, voyez-vous ! Par le ciel ! ne prononcez plus ce nom !