SCÈNE VIII
Les Mêmes , LEROI, LA REINE, LE P. PITER , RARILLON , HALIFAX ,
Lords du conseil , suite.
LE ROI , tenant plusieurs lettres qu'il remet à DurUlon. C’est une provision de joie pour toute ma semaine, mon féal Baril- Ion ; mettez-moi , je vous prie , aux pieds de votre glorieux maître, je me déclare son humble vassal . 1 Cette révocation fait le plus grand bien à la foi. Vrai Dieu!
cela donnera un bon coup sur le bec à nos grues d’Ecosse. ( Russe l et Hampden s'approchent du roi et fléchissent le genou , il les repousse avec humeur. ) Une minute , messieurs, si vous le voulez bien. ( A Piler. ) Mon père , je vous prie , qu’après la lecture du saint évangile il soit recommandé une prière d’action de grâces pour le trèschrétien Louis de Fiance, et aussi pour notre saint père Innocent XI, le vrai fils de saint Pierre et l’élu de Dieu.
LA reixe. Sire, monseigneur, oublierez-vous dans ces largesses le duc de Modène , mon noble père ?
le roi. Non, mignonne, le duc de Modène aussi , et aussi le roi d’Espagne.
H ALIFAX. Quelle décision votre majesté prend-elle au sujet des évêques non conformistes et du prédicant Shart?
LE roi A la Tour... vous les y conduirez.
Halifax. Dispensez-moi, sire, d’une mission aussi pénible...
LE roi. Vous que j’ai vu combattre si vaillamment, comte Halifax, je vous trouve bien timide aujourd'hui .. Ce sera donc mon fidèle Sunderland qui me serrera les évêques.
SUXDERLAXD. J’obéis, sire.
(Il sort.)
morrai. L’envoyé de Hollande fait savoir à votre majesté que le prince d’Orange, selon votre désir, a chassé de ses états le duc de Monmoutli.
le ROI. Et Argyle aussi, je suppose; ces deux turbulens étaient trop près de nous , je voudrais les voir à mille lieues.
(l.a reine fait un mouvement comme pour parler
au roi de Monmuulli, le P. Piler la relient par
un signe.)
LE F. riTCR. Nous avons appris aussi que le lord-juge Jefferies accomplissait avec une pleine réussite sa mission dans les provinces de l’ouest. Trente hérétiques ou factieux ont été exécutes à Dorcestcr, et pareil nombre environ à Exester, à Taunton et à Wells.
LE roi , froidement. Bien , qu'il achève sa campagne, le titre de chancelier l’attend ici. ( Sans se retourner.) Approchez , messieurs des communes.
RUSSEL, suivi des autres députés qui s'agenouillent comme lui devant le roi. Sire , nous venons seulement exprimer à votre majesté de modestes désirs.
LE ROI , avec ironie. Si modestes qu’ils soient, quels sont-ils, messieurs?
(Il leur fait signe de se relever.)
russel, debout. Nous souhaitons, sire, que le roi de concert avec les chambres
Î >orte remède aux maux tic l’état , et ne se aisse plus guider par un seul homme ou par des conseillers perfides.
LE roi , souriant à Piler. Ceci est une dragée à votre adresse, mon révérend.
nAMPDEX , un papier à la main. Nous présentons humblement celle pétition à votre majesté, afin d’assurer nos libertés civiles et religieuses... mais aussi avec le juste dessein de laisser intact le pouvoir souverain dont votre majesté est revêtue, pour la protection, la sûreté et le bonheur de ses sujets.
LE MAGASIN THEATRAL
le roi. Par saint Ceorges!... je l’espère bien. ( Regardant le papier . } Qu’y a-t-il làdedans ?
BAMPDEN*. Nous osons remontrer buinbleinelit à votre majesté, par le premier artielc de cette pétition, qu’en dépit de notre grande Charte , et malgré le serment fait par le roi lui-méme lors de son avènement au trône , les persécutions que l’on fait éprouver aux soi - disant hérétiques ou non conformistes annoncent assez le projet de changer notre sainte religiou.
LE ROI , avec humeur. Aiusi , c’est pour l’avenir seulement que vous vous effrayez. .
par ma foi! voilà du nouveau.
HAMPDEN , avec fermeté. C’est pour le présent , sire , les échafauds et les bûchers sont debout.
LE not. Ceux que l'on punit sont coupables, ce sont des pamphlétaires , des conspirateurs... il va un juge pour les absoudre ou les condamner, tout sc passe légalement .
in»mi:>r. Et ce juge est Jefferies!...
LE ROI. Après, messieurs, sont-ce là tous vos griefs?
hamprev Par le second article, nous nous plaignons à votre majesté que les dernières élections n'ont point été libres, et qu’un grand nombre de lords n’ont pas été convoqués au parlement...
LE ROI, /'interrompant. Cela est faux.
HAMPDEN. Sire
LE ROI. C’est un mensonge!...
UANPDF.N , avec noblesse. Que rapporterons-nous au parlement qui nous envoie , sire?
LE roi. Rien , messieurs , rien du tout... Je n'aurais jamais cru qu’un tel message me vînt du parlement.... Votre pétition me prouve que les paroles ne signifient rien. Non, de par Dieu ! vous nie demandez ici ce qu’on n’a jamais demandé à un roi. .. Je ne vous retiens pins , messieurs; songez seulement à mes subsides : je n’ai que cela à vous dire.
{ 1.4 ürpulatïon fléchit le genou el *ort ; le roi agile se promène à grands pas.)