‹ Jacques 2. drame historique en quatre actes et en proseChapitre 23 sur 51 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

Les Mêmes, excepté HISSEE, HAMP- DEN , et LES AUTRES DÉPUTÉS.

LE P. piter. Sire, ne chàtierez-vous pas ces insoleus?

LE ROI , marchant h grands pas. Ne pourrai-je donc jamais vivre en paix avec ces endiablées communes!...

la reime. Tant que vous leur céderez , sire, ils croiront vous faire peur — ; c’est voue trop grande bonté qui fait leur audace. Le duc de Modène , mon père , les aurait déjà pulvérisés.

le roi. Mariette , ma chère , si on vous écoutait , il faudrait tout briser.

LE p. piter , très-sévèrement . Il est des cas de conscience , sire , où la fermeté , la rigueur même , deviennent le devoir d’un chrétien.

LE ROI, s'arrêtant devant lui les bras croisés. Vous croyez?... Ah !... je me rappelle ces fortes paroles que l’archevêque Latid dit jadis à mon ]>ère : La royauté périra par les commîmes , si les communes ne périssent par la royauté.

morrai. Vous avez de vaillantes épées qui vous entourent , sire , que craignezvous de ces hommes de plume?

LA reine. Craignez tout de ces presbytériens, mon cher seigneur.... Mon père, qui est un vaillant prince et champion de l’église, a été menacé du poignard par des calvinistes réfugié-s en Toscane.

n vniLLON. S’il m’était permis de mêler ma voix à celle de vos conseillers , sire , je dirais ces seuls mots : Le roi, mou maitre , a renversé la F ronde et relevé le pouvoir royal en se montrant au parlement un fouet de poste à la main.

MORRAI. Sire, c'est à cheval qu’on est roi.

LE P. PlTEn , brusquement. Et n’est pas roi qui ne s’v montre.

LE ROI. De par Dieu et ina couronne!

il ne sera pas dit qu'ils feront de moi un

roi de paille !... Je casse le parlement

qu’on arrête les deux orateurs pour propos insolens , et qu'on les enferme à la Tour !

la reine. Oh! mon cher sire, que je vous embrasse !

Halifax. Suc, après un tel acte de rigueur, Votre Majesté acceptera donc ma démission de la charge de trésorier.

LE ROI, d’abord interdit. Votre démission!... je l’accepte avec votre épée, milord.

HALIFAX , remettant son épée à un ojfieicr. La voilà : c’est celle que portait mon père à Marston-Moorc , quand il est mort pour le vôtre. ;ll *on )

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