MISS LUCIE, ANNA
(Miss Lucie en dans un fauteuil près d’une table ; elle para II souffrante ; Anna lui donne des soins.)
ANNA. Vous sentez-vous mieux, madame?
Miss LUCIE. Otti, oui, repose-toi, ma pauvre Anna. ( Après un silence. ) Encore une journée île crainte , d'cspioir, de fièvre et d'angoisses! point de nouvelles!... ah!
il est vaincu , Anna ; s’il eût remporté le moindre avantage , la rumeur publique nous l’aurait déjà appris.
ANNA. Au contraire, ma chère mistriss, les mauvaises nouvelles vont si vite : puisque nous ne savons rien , il faut espérer.
miss LUCIE. Espérer!... oui , la mort...
et elle ne vient pas pour moi... Ainsi j’ai
vécu pour toujours souffrir j’ai vécu
pour voir deux révolutions , et mon père , mon époux et mon fils tomber les victimes de ces luttes sanglantes.
ANN A. Madame , voilà sir Guillaume.
Miss LUCIE. Ah! tant mieux... Sa présence ne calme point mes douleurs , mais elle me les fait supporter.