‹ Jacques 2. drame historique en quatre actes et en proseChapitre 5 sur 51 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

Le DUC D’YORK , MONMOUTH.

LE duc. Jacques , je veux croire au zèle pieux qui vous amène , l’état du roi est votre excuse; mais loin de donner à la cour 1 exemple d une désobéissance coupable , vous devez , comme sujet et comme fils, vous montrer soumis et respectueux.

monmouth. Eh ! mon oncle, les momens sont trop précieux à l'heure qu’il est pour les user en paroles : ne me supposez point jj autres pensées que la douleur vraie que j’ai dans lame. Je ne porte pas le titre de prince de Galles, que rêvez-vous ?... que craignez-vous?... mon ambition ?.. on n’en éprouve guère devant la tombe d’un roi...

Ali ! tenez, laissons-là , vous les soupçons, moi les reproches ; vous m’avez redouté , vous m’avez desservi auprès de votre frère.

J’ai été banni injustement ; je vous en accuse moins que le révérend caffard Piter..

Eh bien ! j oublie tout , n’eu parlons jamais;... mais de grâce, que je voie mon père , conduisez-moi dans ses bras.

LE DUC. Je vous pardonne vos préventions, Jacques, et votre injustice envers un saint homme que votre lierésievous fait méconnaître. Il ne tiendrait qu’à toi de rentrer dans nos bras à tous ; ah ! Charles aurait uue dernière heure de joie , si ce fils qu il a tant aimé, qu’il aime encore , voulait ouvrir son cœur à la vraie croyance...

MONMOUTn. Eh ! milord , vous me parlez d'apostasie , vous ne me répondez pas.

LE DUC , à part. Une tête de fer. {Haut.) Je ne vous cache pas que votre attachement au culte réformé est votre plus grand tort aux veux du roi.

MONMOUTH. Damnation.'., conduisezmoi donc à sou lit funèbre, que je le voie, qu’il meure sur mon sein , et faites-moi évêque , jésuite et pape après si vous voulez.

LE DUC , avec une bonté feinte. Ecoute , mou cher James, et cesse d’avoir des arrière-pensées contre ton oncle d'York....

Charles est très-souffrant, très affaihli, une secousse peut nous le tuer ; il est loin de te savoir à Whitc-IIall, ta vue serait peutêtre le coup mortel.

MONMOUTn , vivement . Vous supposez donc qu’il en mourrait de joie ?...

LE DUC , contrarié. Je parle du saisissement qu’il pourrait éprouver, et qui pourrait hâter ses jours... Voilà d'assez grands motifs de prudence et de ménagemens...

LE MAGASIN TIlÉATRAL.

Veux-tu m’en croire , Jacques , te confier dans moi?... J’agirai , tu le verras, avant la fin du jour.

mon moi; T h. Parlez donc ainsi... je vous crois, je vous aime , mon oncle.

le DUC. Je vais le préparer à te recevoir.

MON MO U T H. Ma mère est près de lui , prévenez-la seulement de ma venue , et agissez de concert.

LE di.C, comme pour Véhigner. Oui, oui.

MONMOL'Tti , comme a£50r£c.Comment! lui que j’ai vu si tendre, si affectueux pour moi ï moi le fils de son premier amour , né lorsqu’il était exilé et malheureux lui-même, il a pu m’oublier à ce point ! Quoi î milord, il ne parlait pas de moi!... il n’a pas demaudé une seule fois à me voir ?...

ledlc. Va , James, va, compte sur ma promesse.... et s’il faut que le ciel déplace bientôt une couronne , soyons eu bonne union.

MONMOtTii. Prévenez d'abord ma mère... Songez-y, chaque minute est lonque , chaque heure est un coup de poignard.

(Il »ort.)

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