SCÈNE QUATRIÈME
moi à une femme et qu'on la perd par ee qu'on a pas r sou. . . et puis, après tout, il n'y a que nous deux qui savons ça. . . que qu' t'en dis ?
Mais... vraiment.
BERTHE
JACQUES
T'hésite... alors... adieu. (Il se dirige vers la porte) . Je vais chez le commissaire... j'te verrai plus... Pourtant... si t'avais voulu...
BERTHE, s'élance vers Jacques, l'arrête et redescend la ' scène en passant son bras sous le sien.
Jacques !
JACQUES
EhbenI
* BERTHE, un long temp«.
Tu es bon... c't'argent... tiens je m'en moque je te le jure... Mais, maintenant, petit-à-petit, je me souviens du temps d'autrefois. Oh! il n'y a pas bien longtemps, je me souviens de nos belles parties, du dimanche, à la campagne... Tu chantais, je cueillais des fleurs... Ah! c'est bête... c'est bête... Eh ! bien, j'sens que je t'aime encore aussi, moi.
JACQUES
Je le savais bien, parbleu! Donc, si tu veux, on va partir quéqu'part, on va changer d'quartier, on se vêtira encore mieux que des bourgeois, on ira au bal, au théâtre...
BEBTHE, s'animant.
Partout!
18 JACQUES BOUOHARP
JACQUES
Oui partout. (A voix basse.) Ce soir je te passerai la caisse pour que tu puisses la mettre en sûreté.
BERTHE
Oui... Oui...
JACQUES
Et maintenant tout à la balade dis ma Berthe ?
BERTHE, voulant l'embrasser.
Tiens, je t'aime !
JACQUES, la repoussant avec violence.
M'embrasse pas!... M'embrasse pas... (H éclate de rire.) Ah ! ah ! ah I
BERTHE, l'air stupéfait. j
Qu'est-ce que tu as ? '
G'que j'ai? Ah! ah! ah! elle m'demande c'que j'ai!... C'est pas vrai... j'ai menti! c'est pas vrai c't'histoiredu Faubourg Antoine! c'est pas vrai c't' histoire des billets de banque et du portefeuille... c'est pas vrai. .. c'est pas vrai.
BERTHE
Hein?
JACQUES
Ah! j'te vois comme t'es réellement! Ça t'a délié la langue c't'affaire-làl Ousqu'elles sont tes larmes... hein, tu trembles... tu voudrais être loin d'ici en ce moment, pas?... ^Tiens, t'es qu'une rosse...
Il se dirige vers |a porte.