JACQUES BOUCHARD, PHILIPPE, GUSTAVE
Au lever du rideau, Jacques est à gauche de la scène, assis dans un coin. Il a la tête entre les mains, Tair sombre. Le garçon est derrière le comptoir, il essuie les verres. Phi« lippe entre en scène.
PHILIPPE, au garçon.
Tiens, vieux, c'matin jVas prendre que qu'chose de doux., verse-moi une absinthe.
GUSTAVE
Avec de Teau, M'sieur Philippe ?
PHILIPPE
Imbécile ! (Un temps.) Alors, quoi ? Est-ce que j'vais trinquer tout seul I Pas de camarades I II est pourtant onze heures, que diable I
GUSTAVE
Tenez, là-bas, v'Ià votre ami M'sieu Bouchard.
PHILIPPE, s*approche de Jacques et lui pose la main sur Tépahle.
Bonjour, ma vieille. (Un temps.) Eh, bien, quoi l
t*es sourd ? G'est-y un morceau de plâtre qui t'est rentré dans l'oreille.
JACQUES, sans relever la tête et d'une voix dure.
Bonjour, Philippe.
PHILIPPE, s'assied en face de lui.
Gustave apporte le verre ici. (A Jacques.) Que qu'tu as ?
JACQUES
Rien.
PHILIPPE
Mais si, t'es pas dans ton ordinaire, j 'vois bien ça.
JACQUES
Je te l'répète : j'ai rien ;
PHILIPPE
Des cachettes ! T'es mystérieux avec un cppain !... Que qui s'passe ? Des chagrins, toi, un rigolard, un frère ? Allons donc! des bêtises tout ça, des manières ! (Un lemps.) Que qu'tu prends ?
J'ai pas soif... merci.
PHILIPPE
T'as pas soif!... Faut te soigner du coup».
(Un temps.) Allons, je veux pas t'embêterplus longtemps... et j'te laisse. (Il se lève et se rassied.) Eh bien, non, voyons, qu'esi-ce que t'as !... Est-ce la braise qui te manque ? T'as toujours ta place de maçon pourtant, hein ?